Une avancée majeure dans la recherche sur la maladie d’Alzheimer pourrait découler d’une simple prise de sang. Une étude américaine, récemment publiée dans la revue Alzheimer’s & Dementia, souligne le rôle crucial de l’inflammation dans le développement des démences. Ce travail de recherche offre de nouvelles perspectives sur le dépistage précoce de la maladie, en mettant en avant un indicateur sanguin déjà utilisé en pratique médicale.
EN BREF
- Un marqueur sanguin, le ratio neutrophiles/lymphocytes, augmente le risque de démence.
- Les patients avec un NLR élevé ont un risque accru jusqu’à 21 % de développer Alzheimer.
- Cette découverte pourrait améliorer le dépistage précoce des personnes à risque.
Le ratio neutrophiles/lymphocytes (NLR) a été identifié comme un facteur de risque potentiel pour le développement de la maladie d’Alzheimer. Cette étude a exploré les dossiers médicaux de plus de 370 000 patients, âgés de plus de 55 ans, suivis entre 2011 et 2023 dans deux grandes bases de données américaines, celles des hôpitaux NYU Langone et du réseau des anciens combattants. Les résultats montrent que les individus présentant un NLR élevé sont significativement plus susceptibles de développer une démence dans les années suivantes.
Dans la cohorte des patients de NYU, un NLR élevé était associé à une augmentation de 7 % du risque de démence. En revanche, chez les anciens combattants, cette augmentation s’élevait à 21 %. Les chercheurs ont également noté des différences significatives en fonction des caractéristiques démographiques des patients. Par exemple, les femmes et les patients hispaniques ont montré des associations encore plus marquées entre le niveau d’inflammation et le risque de démence.
Les auteurs de l’étude soulignent que ces observations pourraient être liées à des facteurs biologiques, environnementaux ou à des inégalités d’accès aux soins. Toutefois, ils restent prudents quant à l’interprétation de ces résultats, précisant que le NLR ne peut pas, à lui seul, servir de diagnostic pour la maladie d’Alzheimer. L’étude établit une association statistique sans prouver un lien de causalité direct entre l’inflammation et le développement de la maladie.
Il est également essentiel de considérer d’autres facteurs reconnus, tels que l’hypertension, le diabète, les maladies cardiovasculaires et les traumatismes crâniens, qui peuvent également influencer le risque de démence.
Les chercheurs envisagent que ce biomarqueur pourrait, à terme, compléter les outils de dépistage existants, permettant ainsi une identification plus précoce des personnes nécessitant une surveillance accrue. En effet, avec l’âge, le corps peut développer une inflammation chronique de bas grade, une condition souvent désignée par le terme « inflammaging ». Ce phénomène pourrait contribuer à des lésions cérébrales et précipiter des processus neurodégénératifs.
Les scientifiques espèrent désormais déterminer si des interventions visant à réduire cette inflammation, telles que des modifications alimentaires, une activité physique accrue ou des traitements spécifiques, pourraient diminuer le risque de démence sur le long terme.
À l’heure actuelle, bien qu’aucune méthode définitive de détection d’Alzheimer par prise de sang ne soit disponible, plusieurs biomarqueurs sanguins semblent prometteurs. Ils ne remplacent pas les examens neurologiques et l’imagerie cérébrale, qui demeurent essentiels dans le diagnostic de cette maladie.
Le ratio neutrophiles/lymphocytes, calculé à partir d’une prise de sang classique, pourrait devenir un indicateur précieux dans le futur. Les recherches se poursuivent pour mieux comprendre le lien complexe entre inflammation et maladies neurodégénératives, dans l’espoir d’améliorer les stratégies de prévention et de traitement.
Les avancées dans ce domaine pourraient transformer la manière dont nous appréhendons la santé cérébrale et la prévention des maladies liées à l’âge.