Le plan tant attendu contre l’infertilité a enfin été présenté par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, le 5 février 2026. Ce dispositif a pour ambition de sensibiliser la population sur des enjeux qui touchent 3,3 millions de personnes en France. Ce plan, qui se met en place après deux années d’attente, inclut des mesures concrètes axées sur la prévention, le dépistage et l’accompagnement des personnes confrontées à des problèmes de fertilité.
EN BREF
- Un message d’information sur la santé reproductive sera envoyé aux jeunes Français à 29 ans.
- Le plan vise à améliorer la prise en charge de l’infertilité et du syndrome des ovaires polykystiques.
- Le gouvernement se concentre sur la sensibilisation sans pression sociale pour les choix parentaux.
Ce dispositif a pour objectif de permettre à chaque individu de faire des choix éclairés concernant sa santé reproductive. Le message, qui sera envoyé à tous les Français lors de leur 29ème anniversaire, abordera des sujets tels que la santé sexuelle, la contraception, et mettra en avant le fait que la fertilité concerne également les hommes. « Le rôle du politique n’est pas de dire s’il faut avoir des enfants ou à quel âge, mais d’éviter que l’on continue à entendre ‘si j’avais su' », a déclaré Stéphanie Rist.
En plus de ce message, le plan prévoit d’améliorer le parcours de soins dédié à la fertilité. Parmi les mesures phares figure l’augmentation des possibilités de congélation des ovocytes. Bien que cette pratique soit autorisée depuis 2021, elle souffre de longs délais d’attente. D’ici 2028, le gouvernement prévoit l’ouverture de 30 nouveaux centres et envisage d’étendre cette pratique au secteur privé tout en garantissant son accessibilité gratuite.
Le ministère de la Santé entend également poursuivre la « stratégie nationale de lutte contre l’endométriose », visant à améliorer le diagnostic et la prise en charge des femmes touchées par cette maladie. De plus, une attention particulière sera accordée à la prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble hormonal qui affecte de nombreuses femmes et favorise l’infertilité.
Alors que le gouvernement parle de « crise démographique », il affirme vouloir adopter une approche sans injonction ni pression sociale. Cette volonté de ne pas culpabiliser les individus sur leurs choix de vie fait suite aux critiques exprimées par des associations féministes. En 2024, Emmanuel Macron avait été pointé du doigt pour avoir associé la lutte contre l’infertilité à une problématique de « réarmement démographique ». Des voix comme celles d’Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, avaient réagi en déclarant « Laissez nos utérus en paix ». La sénatrice Laurence Rossignol avait également jugé cette expression « très malheureuse », rappelant que « les êtres humains ne sont pas des armes ».
Ce plan ambitieux, qui se veut inclusif et sensible aux réalités des choix individuels, marque un tournant dans la prise en charge des questions de fertilité en France. Avec un engagement à améliorer l’accès aux soins et à sensibiliser les jeunes, le gouvernement espère ainsi répondre à une problématique sociétale complexe tout en respectant les choix de chacun.