Un navire français traverse le détroit d’Ormuz, une première depuis le conflit au Moyen-Orient

Le passage du détroit d’Ormuz par un navire de commerce français revêt une importance symbolique et stratégique dans le contexte actuel de tensions au Moyen-Orient. Ce jeudi 2 avril, le porte-conteneurs Kribi, appartenant à la compagnie maritime CMA CGM, a réussi à franchir cette voie maritime cruciale, marquant ainsi le premier passage d’un navire sous contrôle français depuis le début des hostilités dans la région.

EN BREF

  • Le porte-conteneurs Kribi a traversé le détroit d’Ormuz le 2 avril.
  • Il s’agit du premier passage d’un navire français depuis le début du conflit.
  • Le navire a emprunté une route maritime approuvée par les autorités iraniennes.

Le Kribi, enregistrant son signal de navigation sous le pavillon maltais, a traversé le détroit d’ouest en est, passant entre les îles de Qeshm et Larak. À 20 heures, il a rejoint la mer d’Arabie. Selon les informations relayées par Ouest-France, le navire continuait de diffuser un message signalant un « propriétaire français » au matin suivant, alors qu’il se trouvait au large de Mascate.

Ce passage a été possible grâce à une route maritime qui a apparemment reçu l’aval des Gardiens de la Révolution iraniens. Ces derniers ont mis en place un système d’enregistrement des « navires approuvés », permettant aux bateaux de circuler en toute sécurité en échange d’une redevance, Larak étant désignée comme le « péage de Téhéran » par la société maritime Lloyd’s List Intelligence.

Les données maritimes analysées par l’AFP montrent que, depuis le début du conflit, très peu de navires commerciaux ont réussi à passer par cette route. En temps normal, environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial transitent par le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour l’approvisionnement énergétique international.

Suite à l’escalade des tensions, début mars, plusieurs navires avaient commencé à afficher un lien avec la Chine lorsqu’ils naviguaient dans la région, une précaution jugée nécessaire pour éviter d’être ciblés par les forces iraniennes. Récemment, Pékin a confirmé que trois de ses navires avaient également traversé le détroit, remerciant les parties impliquées pour leur coopération.

Le conflit a débuté le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont intensifié leurs frappes contre l’Iran, entraînant des ripostes militaires et un renforcement des restrictions d’accès au détroit d’Ormuz. Dans ce climat de tensions, le passage du Kribi pourrait être perçu comme un signal de la résilience des routes commerciales, malgré les risques accrus qui pèsent sur cette région stratégique.

Ce fait marquant pourrait ouvrir la voie à d’autres navires sous pavillon français souhaitant emprunter cette route, tout en soulevant des questions sur la sécurité et la gestion des risques en temps de conflit. Le détroit d’Ormuz reste un point névralgique pour le commerce maritime, et chaque passage réussit est scruté avec attention par les acteurs du secteur maritime et les analystes de la géopolitique.