Le 9 avril 2026, le gouvernement français a dévoilé un plan ambitieux visant à renforcer la lutte contre l’absentéisme au travail. Ce dispositif se concentre sur l’intensification des contrôles des arrêts maladie et sur l’instauration d’un système de signalement simplifié pour les employeurs.
EN BREF
- Le gouvernement met en place un plan pour lutter contre l’absentéisme au travail.
- Un « bouton d’alerte » permettra aux employeurs de signaler rapidement des arrêts maladie suspects.
- Les contrôles des arrêts maladie par l’Assurance maladie seront intensifiés de 6% en 2026.
Lors de la présentation du plan, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a souligné l’importance de ces nouvelles mesures pour améliorer la gestion de la santé au travail. À partir de maintenant, un kit sera accessible sur le site du ministère du Travail, permettant aux chefs d’entreprise de réaliser un autodiagnostic de leur plan de prévention en matière de santé. Ce kit vise à sensibiliser les dirigeants sur les enjeux liés aux arrêts maladie.
Un autre élément marquant de ce plan est l’introduction d’un « bouton d’alerte ». Ce dispositif permettra aux employeurs de prévenir l’Assurance maladie d’un arrêt maladie jugé suspect en un clic. En remplissant quelques informations sur le cas, ils déclencheront une procédure de contrôle, facilitant ainsi la détection des abus potentiels. Actuellement, les démarches sont plus complexes et nécessitent une procédure papier, rendant le processus moins efficace.
Intensification des contrôles
En 2026, l’Assurance maladie prévoit d’augmenter le nombre de contrôles des arrêts maladie de 6%, portant leur total à 740 000. Cette intensification se concentrera sur plusieurs catégories d’arrêts : ceux de plus de 18 mois, les arrêts d’accidents du travail et de maladies professionnelles de plus de trois ans, ainsi que ceux prescrits lors de téléconsultations. Le gouvernement souhaite également s’attaquer au phénomène du nomadisme médical, où des individus enchaînent des arrêts en consultant différents médecins.
Les entreprises présentant un taux d’absentéisme élevé, et qui refuseraient les offres d’accompagnement, pourraient également faire l’objet de signalements au ministère du Travail. Cette mesure vise à inciter les entreprises à prendre des mesures correctives face à un absentéisme chronique.
Réactions des acteurs concernés
Suite à l’annonce du plan, les réactions ont été variées. Du côté du patronat, des mesures telles que celles annoncées ont été jugées positives. Diane Milleron-Deperrois, responsable de la protection sociale au Medef, a déclaré que ces mesures allaient dans le bon sens, tout en soulignant la nécessité de leur mise en œuvre efficace. La CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) a également exprimé son soutien, appelant à un suivi rigoureux des engagements pris.
En revanche, les syndicats ont exprimé des préoccupations quant à l’orientation du plan. Certaines organisations, dont l’Unsa, craignent que ces mesures ne renforcent la méfiance envers les salariés plutôt que de favoriser un climat de confiance. Malgré quelques avancées, comme la généralisation de la plateforme SOS IJ pour aider les médecins, les syndicats estiment que le plan reste trop axé sur le contrôle des employés.
Le gouvernement a également prévu des discussions avec les partenaires sociaux pour explorer des solutions telles que le développement des mi-temps thérapeutiques ou du télétravail, afin de faciliter le retour à l’emploi. En parallèle, des mesures pourraient être mises en place pour permettre aux médecins généralistes de demander un deuxième avis lors des renouvellements d’arrêts maladie de longue durée.
Les dépenses liées aux indemnités journalières versées par l’Assurance maladie, qui s’élèvent actuellement à 17,9 milliards d’euros, ont augmenté de 7 milliards d’euros au cours des dix dernières années. Ce coût a été particulièrement accentué après la crise sanitaire, avec une hausse moyenne de 6,5% entre 2019 et 2023, un rythme que le gouvernement juge insoutenable.
En somme, ce plan représente une étape significative dans la lutte contre l’absentéisme au travail en France. Les mesures annoncées visent à établir un équilibre entre la protection des salariés et le contrôle des abus, un défi complexe que le gouvernement devra relever dans les mois à venir.