Une enquête alarmante de l’Éducation nationale met en lumière une réalité troublante : un tiers des élèves de CE2, CM1 et CM2 avouent avoir subi des violences sexuelles au sein de leur établissement scolaire. Publiée ce mardi, cette étude révèle que 42 % des élèves de CE2 sont concernés, un chiffre qui interpelle et appelle à une prise de conscience urgente.
EN BREF
- Un tiers des élèves de CE2, CM1 et CM2 déclarent avoir subi des violences sexuelles.
- 42 % des élèves de CE2 victimes, avec des cas de voyeurisme et d’agression.
- 36 % des élèves affirment être fréquemment victimes de violences à l’école.
Cette étude, réalisée par la DEPP au printemps 2025 auprès de 11 200 élèves d’écoles publiques et privées sous contrat, met en évidence des comportements inacceptables au sein des établissements. Parmi les 22 % d’élèves ayant subi des violences, il est rapporté que des tentatives d’embrasser ou de toucher sans consentement sont fréquentes, tout comme des actes de voyeurisme dans les toilettes.
Un constat inquiétant
Les résultats de cette enquête montrent que les violences sexuelles touchent les filles et les garçons de manière similaire. Néanmoins, les élèves les plus jeunes semblent être les plus exposés : 42 % des élèves de CE2 rapportent avoir été victimes de violences sexuelles. Ce taux alarmant soulève des interrogations sur la sécurité des enfants à l’école et sur les mesures de prévention à mettre en place.
Dans le détail, 29 % des élèves affirment avoir été confrontés à des tentatives d’agression physique, tandis que 28 % signalent avoir été victimes de voyeurisme. Ces chiffres sont d’autant plus préoccupants qu’ils s’inscrivent dans un contexte où 36 % des élèves se disent fréquemment victimes de violences diverses, notamment de mise à l’écart, d’insultes ou de bousculades.
Les types de violences en milieu scolaire
Les violences les plus fréquemment rapportées par les élèves comprennent :
- Mise à l’écart par d’autres élèves (48 %)
- Insultes ou moqueries (43 %)
- Bousculades volontaires (38 %)
- Attribution de surnoms désagréables (37 %)
- Participation à une bagarre (37 %)
Les élèves de CE2 sont particulièrement touchés, avec près de 45 % d’entre eux déclarant avoir subi des bousculades, et 35 % affirmant avoir été frappés. En comparaison, ces chiffres diminuent respectivement à 38 % et 27 % pour les élèves de CM1, et à 32 % et 23 % pour ceux de CM2.
La parole des victimes
Face à ces violences, il est encourageant de constater que 37 % des élèves victimes d’au moins une forme de violence au cours de l’année scolaire ont choisi d’en parler. Les parents sont souvent les premiers à qui ils s’adressent (60 %), suivis des enseignants (54 %) et des amis (41 %). Ce dialogue est essentiel pour aider les victimes à surmonter ces expériences traumatisantes.
Les moqueries et insultes, quant à elles, portent souvent sur des sujets sensibles tels que la tenue vestimentaire (12 %) et l’apparence physique (11 %). Les différences de traitement en fonction du genre sont également notables, les filles étant plus souvent ciblées, avec 9 % déclarant avoir subi des violences liées à leur genre, contre 4 % des garçons.
Les nouvelles formes de violence
La violence ne se limite pas à l’environnement physique de l’école. Près de 19 % des élèves rapportent avoir été victimes de cyberviolences, avec 16 % mentionnant avoir reçu des messages désagréables sur les réseaux sociaux ou par téléphone, et 7 % affirmant que des contenus les concernant ont été diffusés sans leur consentement. Cela souligne l’importance d’une éducation aux médias et à la cybersécurité dès le plus jeune âge.
Ces résultats soulignent l’urgence d’une prise de conscience collective et d’initiatives concrètes pour garantir un environnement scolaire sécurisant pour tous les élèves. La responsabilité incombe aux pouvoirs publics, aux éducateurs, mais aussi aux parents, afin de lutter contre ces violences inacceptables.