Un tiers des enfants victimes de violences sexuelles à l’école, une enquête alarmante

Une récente enquête menée par le ministère de l’Éducation nationale révèle des chiffres inquiétants concernant les violences sexuelles à l’école. Réalisée au printemps 2025, cette étude a été conduite auprès de 11 200 élèves de CE2, CM1 et CM2. Les résultats, publiés ce mardi 27 octobre, mettent en lumière l’ampleur du phénomène, bien que le profil des auteurs reste flou.

EN BREF

  • 34 % des enfants ont subi des violences sexuelles à l’école depuis la rentrée.
  • Les élèves de CE2 sont les plus touchés, avec 42 % d’entre eux déclarant avoir été victimes.
  • Seuls 37 % des victimes en parlent à quelqu’un, principalement à leurs parents.

Le principal constat de cette enquête est que **34 %** des élèves interrogés affirment avoir été exposés à au moins une forme de violence sexuelle depuis le début de l’année scolaire. Ce chiffre grimpe à **42 %** pour les enfants de CE2, ce qui souligne la vulnérabilité accrue des plus jeunes.

Les victimes rapportent une variété d’expériences traumatisantes. Par exemple, **22 %** des élèves indiquent avoir été gênés par le regard inapproprié d’autrui dans les toilettes de l’école. De plus, la même proportion d’élèves fait état de tentatives d’embrasser ou de toucher sans consentement. Les enfants de CE2 sont les plus concernés, avec des taux atteignant **28 %** pour le regard inapproprié et **29 %** pour les tentatives de contact physique.

Des violences omniprésentes

Les violences ne se limitent pas aux abus sexuels. L’enquête révèle que **36 %** des élèves se disent fréquemment victimes d’au moins une forme de violence à l’école. Les actes de violence les plus courants incluent :

  • Mise à l’écart par les pairs (48 %)
  • Insultes ou moqueries (43 %)
  • Bousculades volontaires (38 %)
  • Attribution de surnoms désagréables (37 %)
  • Participation à des bagarres (37 %)

Les élèves de CE2 se montrent particulièrement touchés par ces violences. Près de **45 %** d’entre eux rapportent avoir subi des bousculades, tandis que **35 %** affirment avoir été frappés. En comparaison, ces chiffres diminuent pour les classes supérieures, avec **38 %** en CM1 et **32 %** en CM2 pour les bousculades, et **27 %** en CM1 et **23 %** en CM2 pour les coups.

Le silence des victimes

Malgré l’ampleur des violences subies, seuls **37 %** des élèves victimes en parlent à quelqu’un. Parmi ceux qui s’expriment, la majorité choisit de se confier à leurs parents (**60 %**), suivis par leurs enseignants (**54 %**) et leurs amis (**41 %**). Ce silence peut s’expliquer par la peur des représailles ou la honte, des sentiments qui empêchent souvent les victimes d’agir.

Les insultes et moqueries, qui touchent aussi bien les filles que les garçons, sont souvent liées à des critères tels que la tenue vestimentaire (**12 %**) ou l’apparence physique (**11 %**). En ce qui concerne le genre, **9 %** des filles déclarent avoir été victimes de moqueries en raison de leur sexe, contre **4 %** des garçons.

La violence ne se limite pas aux interactions physiques. Près de **19 %** des élèves rapportent avoir été victimes de cyberviolences, incluant des messages désagréables reçus par téléphone ou sur les réseaux sociaux, ainsi que la diffusion non consentie de contenus les concernant.

Ces résultats mettent en évidence une réalité préoccupante dans les établissements scolaires. La protection des élèves contre ces violences doit devenir une priorité pour les autorités éducatives, afin d’assurer un environnement d’apprentissage sûr et serein pour tous.