Le 10 juin 1990, un vol de British Airways, le 5390, se transforme en un véritable drame aérien lorsque le commandant Tim Lancaster est aspiré hors du cockpit à 5 300 mètres d’altitude. Ce jour-là, l’équipage va faire preuve d’un courage exceptionnel pour maintenir le capitaine en vie, alors que l’avion se dirige vers Southampton dans une descente d’urgence.
EN BREF
- Le commandant d’un vol British Airways est aspiré hors du cockpit à 5 300 mètres.
- L’équipage retient le pilote pendant plus de 20 minutes jusqu’à l’atterrissage.
- Une enquête révèle des erreurs de maintenance banales mais fatales concernant le pare-brise.
Ce vol de routine, reliant Birmingham à Malaga, a pris un tournant inattendu treize minutes après le décollage. Alors que l’avion survolait la ville de Didcot, un bruit assourdissant retentit dans le cockpit : le pare-brise du commandant vient de se détacher. La différence de pression aspirant le capitaine vers l’extérieur, seul son corps reste coincé dans le cockpit, ses jambes étant la dernière barrière entre lui et le vide.
Des membres de l’équipage, dont Nigel Ogden, se précipitent alors pour sauver le capitaine. « Je me suis retourné et j’ai vu que le pare-brise avait disparu », raconte Nigel. Sans hésiter, il attrape le commandant par la ceinture, et d’autres membres de l’équipage se joignent à lui pour le retenir. Pendant ce temps, le copilote Alastair Atchison prend rapidement les commandes et entame une descente d’urgence vers une altitude plus sûre où l’air est respirable.
La descente est chaotique. Le vent glacial et la vitesse de l’avion rendent la tâche de retenir Tim Lancaster extrêmement difficile. Malgré cela, l’équipage refuse de le lâcher, convaincu que le relâcher pourrait entraîner une catastrophe. Alastair Atchison, tout en gérant la situation, communique avec le contrôle aérien, tentant de garder son calme tout en cherchant le meilleur endroit pour atterrir.
Finalement, l’avion se pose à Southampton, 20 minutes après l’accident. À la surprise générale, Tim Lancaster est retrouvé vivant, bien qu’il présente des gelures et plusieurs fractures. Ce qui aurait pu être une tragédie se transforme en un miracle, et le commandant reprend son activité de pilote seulement cinq mois après l’incident.
L’enquête sur cet événement extraordinaire va révéler des détails surprenants concernant la maintenance de l’avion. Le pare-brise avait été remplacé 27 heures avant le vol, mais les vis qui le maintenaient étaient inappropriées : 84 d’entre elles étaient trop petites, et six autres étaient trop courtes. Cette négligence, reprochée à un responsable de maintenance, soulève des questions sur les procédures de vérification au sein de British Airways.
Les enquêteurs mettent également en lumière un défaut de conception : le pare-brise étant fixé de l’extérieur, la pression de la cabine exerçait une pression directe sur les vis. Le rapport final recommande plusieurs mesures pour renforcer la sécurité dans l’avenir.
Les membres de l’équipage, dont le copilote et Nigel Ogden, sont célébrés pour leur bravoure. Ils reçoivent des distinctions pour leurs actions héroïques, et l’histoire de ce vol est désormais enseignée comme un cas d’école en matière de sécurité aérienne. Elle rappelle à tous que même dans les situations les plus périlleuses, le sang-froid et le travail d’équipe peuvent faire toute la différence.
En fin de compte, cet incident illustre le fait que les erreurs, même les plus infimes, peuvent avoir des conséquences dramatiques dans le monde de l’aviation. L’histoire de Tim Lancaster et de son équipage demeure une leçon précieuse sur l’importance de la rigueur en matière de sécurité.