Patrick Bruel se retrouve au cœur d’un tourbillon d’accusations, avec plus de trente témoignages relatant des violences sexuelles. Depuis mars 2026, ces récits accablants continuent d’émerger, mettant en lumière des comportements troublants de la part de l’artiste. Ce mercredi 27 mai, une ancienne bénévole des Restos du cœur, Mathéa Léger, a partagé son expérience sur la Radio Télévision Suisse, révélant des faits glaçants sur ce qui se passait en coulisses lors des Enfoirés.
EN BREF
- Mathéa Léger, ancienne bénévole, témoigne des comportements inappropriés de Patrick Bruel.
- La production des Enfoirés avait averti les bénévoles d’un risque avec Bruel.
- Les accusations de violences sexuelles contre Bruel s’accumulent depuis des mois.
Âgée de 22 ans en 2012, Mathéa Léger avait participé au spectacle des Enfoirés à Lyon. Sa mission consistait à monter sur scène aux côtés d’autres bénévoles et artistes, dont Patrick Bruel. Avant le début du spectacle, la production a pris le soin de la prévenir : « Pour celle de vous deux qui va tomber dans le bateau de Patrick Bruel, il va tenter quelque chose. » Cette phrase, prononcée avec une froideur déconcertante, soulève des interrogations sur la connaissance des faits par la production. Depuis combien de temps étaient-ils au courant ? Combien d’autres bénévoles avaient reçu un avertissement similaire avant de monter sur scène ?
Le témoignage de Mathéa Léger illustre un climat de peur et de tension. Elle raconte que sa collègue est tombée dans le bateau et que, par la suite, Patrick Bruel lui a demandé de le suivre dans sa loge. Un membre de la production serait intervenu : « C’est une bénévole, il faut la laisser tranquille. » Face à cette situation, Mathéa Léger a choisi de ne pas remonter dans le bateau, pressentant l’inconfort de la situation.
Ce qui frappe dans son récit, c’est la description d’un homme qui « scannait » les femmes autour de lui. Elle évoque comment Bruel emmenait certaines d’entre elles « aux toilettes » et revenait régulièrement dans l’espace réservé aux bénévoles, se comportant comme un prédateur. À 67 ans, le chanteur fait face à des accusations qui couvrent une période allant de 1991 à 2019. Malgré l’accumulation de témoignages, il n’a pas souhaité commenter ces nouvelles allégations.
Le témoignage de Mathéa Léger n’est pas un cas isolé. Parmi les accusatrices figuraient déjà des personnalités comme Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, qui a porté plainte pour tentative de viol et agression sexuelle. En 2019, une masseuse bénévole au Paléo Festival de Nyon avait également témoigné, entraînant l’annulation de la participation de Bruel cette année-là. Ce qui est particulièrement troublant dans le récit de Mathéa Léger, c’est la normalisation d’un comportement problématique, presque anticipé par l’équipe de production.
Un simple regard de Patrick Bruel a suffi à terroriser Mathéa Léger : « Ça m’a gelé le sang. On ne m’a jamais regardée comme ça de toute ma vie. » Elle a décidé de s’exprimer pour souligner que « c’est une personne problématique ». Les avocats de Bruel affirment qu’il n’a jamais contraint une femme à quoi que ce soit, et il reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.
Ce témoignage soulève des questions essentielles sur la culture du silence qui peut exister dans certains milieux. Un seul regard, une mise en garde de la production, un couloir où l’on « rôde » — parfois, ce sont dans les détails les plus banals que se cache un système. Combien d’autres spectacles se sont déroulés dans des conditions similaires, sans qu’aucune voix ne s’élève pour dénoncer ces comportements ?