Joëlle Dambo, artisane crêpière à Gomené, dans les Côtes-d’Armor, est devenue la cible d’injures racistes en ligne depuis plus d’un an. Le 15 octobre, elle a annoncé avoir déposé deux nouvelles plaintes pour mettre un terme à ce harcèlement persistant, qui a débuté en mai 2025. Cette décision fait suite à une première plainte déposée en juillet.
EN BREF
- Joëlle Dambo dépose deux nouvelles plaintes pour harcèlement et injures racistes.
- Elle accuse le maire de sa commune d’inaction face à son harcèlement.
- Les injures ont augmenté après sa victoire dans un concours de crêpes.
Lors d’une conférence de presse à Paris, son avocat, Me Vincent Brenghart, a précisé que la première plainte avait été déposée le 13 octobre pour « harcèlement public en ligne, provocation à la haine et injure à raison de l’appartenance à une ethnie ». Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « continuum d’injures » et de « torrent de haine » dont Joëlle Dambo est victime.
En parallèle, la crêpière a également porté plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre le maire de Gomené, Mickaël Leveau. Elle l’accuse, ainsi que les élus locaux, d’avoir « détourné les yeux » et de ne pas avoir agi face à son harcèlement. « Cette situation révèle une forme d’inertie de la part des institutions », a souligné son avocat, qui regrette l’absence de communication sur l’enquête ouverte après sa première plainte en juillet.
Joëlle Dambo, qui dirige un établissement salué par le titre « Galette d’or 2025 », a vu les injures racistes se multiplier après sa victoire en juin à un concours de crêpes diffusé sur France 3. « Mon quotidien n’est plus celui d’une artisane, mais d’une femme ciblée à cause de sa couleur de peau », a-t-elle déclaré. Elle affirme être « française à part entière » et refuse que la haine définisse qui a le droit d’être breton.
Dans son établissement, elle fait également face à des manifestations de racisme, comme des « cris de singes ». Me Vincent Brenghart a estimé que certains commentaires, tant en ligne que dans sa crêperie, visent à préserver un « monopole de l’homme blanc » sur le commerce des galettes, insinuant qu’il faudrait avoir « la bonne couleur de peau » pour les préparer.
Le conflit entre Joëlle Dambo et Mickaël Leveau s’est intensifié ces derniers mois. En juillet, le maire avait déposé plainte contre la crêpière, l’accusant de ne pas avoir soutenu sa position sur les réseaux sociaux. Cette plainte a été classée sans suite. De son côté, Leveau a affirmé avoir « envoyé un message de soutien » à Joëlle Dambo, tout en condamnant les propos racistes.
Cette affaire met en lumière une problématique plus vaste, celle du racisme qui persiste dans plusieurs secteurs, y compris le commerce local. Joëlle Dambo espère que ces nouvelles plaintes permettront d’initier un changement dans le traitement des cas de harcèlement raciste et de faire prendre conscience de la nécessité d’agir contre ces comportements inacceptables.
La lutte de Joëlle Dambo contre le racisme est un appel à la solidarité et à la prise de conscience collective. Elle incarne la résistance face à la haine et défend le droit de chacun à vivre sans crainte, indépendamment de ses origines.