Une défenseure des droits de l’enfant nommée responsable à l’Éducation nationale

Ce mercredi, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé la nomination de Cristelle Gillard au nouveau poste de défenseur des droits de l’enfant. Cette initiative s’inscrit dans un contexte préoccupant, marqué par des scandales récents dans le périscolaire. Inspectrice générale depuis 2018, Mme Gillard est reconnue pour son expertise en matière de violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur.

EN BREF

  • Nomination de Cristelle Gillard comme défenseur des droits de l’enfant à l’Éducation nationale.
  • Elle devra coordonner les actions entre le scolaire et le périscolaire.
  • Introduction d’une liste noire pour interdire l’accès à l’école aux personnes écartées pour comportements inappropriés.

Dès demain, elle occupera le poste d’adjointe de la médiatrice de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur, un rôle dédié à la protection des enfants à l’école. Le ministre a souligné que son expérience juridique et sa spécialisation sur les violences sexuelles et sexistes font d’elle la personne idéale pour cette mission.

Le contexte de cette nomination est particulièrement sensible, avec une multiplication des révélations d’agressions sexuelles sur mineurs, notamment à Paris. Cette nouvelle fonction vise à garantir une meilleure communication et collaboration entre les différents acteurs de l’éducation, qu’ils soient scolaires ou périscolaires. Mme Gillard aura la responsabilité de s’assurer que ces deux secteurs puissent travailler ensemble de manière efficace.

Dans le cadre de ses prérogatives, elle pourra recevoir les réclamations des enfants, que ce soit directement ou via leurs représentants légaux ou témoins. Son rôle sera d’écouter les plaintes relatives aux violences ou maltraitances d’ordre divers, ainsi que les atteintes aux droits des enfants dans le cadre scolaire ou à proximité de l’établissement. Édouard Geffray a insisté sur le fait qu’il est inacceptable que les parents reçoivent des réponses du type « ce n’est pas chez nous » lorsqu’ils signalent des problèmes.

La création de ce poste avait été annoncée en janvier, suscitant des critiques quant à la redondance avec le rôle du Défenseur des droits, Claire Hédon. Cependant, le ministre a affirmé que cette initiative est essentielle pour assurer un suivi adéquat des signalements et pour renforcer la protection des enfants.

En complément, une liste noire sera mise en place dans le cadre d’un projet de loi sur la protection de l’enfance. Cette liste interdira à toute personne écartée de l’Éducation nationale en raison de son comportement avec des mineurs, mais non sanctionnée pénalement, de revenir dans le système éducatif. Édouard Geffray a rappelé que l’école est souvent le premier lieu de signalement des violences sexuelles, notamment intrafamiliales, avec environ 80 000 informations préoccupantes et des milliers de signalements à la justice chaque année.

Cette nomination marque un pas significatif vers une meilleure protection des droits des enfants dans le milieu éducatif. La mise en place de mécanismes efficaces pour traiter les signalements et garantir un environnement sûr pour tous les élèves est une priorité qui doit être soutenue par l’ensemble des acteurs du système éducatif.