Une élue agressée après un match de l’OL témoigne de son calvaire

Samedi soir, un incident tragique a marqué la sortie du match entre l’Olympique lyonnais et Le Havre. Meriem Bouchedda, une jeune élue de Rillieux-la-Pape, a été agressée avec son compagnon après avoir quitté le Groupama Stadium. Dans un témoignage poignant, l’étudiante en droit raconte une « nuit d’horreur » qui l’a profondément marquée.

EN BREF

  • Une élue de Rillieux-la-Pape et son compagnon agressés après un match de l’OL.
  • Des insultes racistes précédant une violente agression physique.
  • La victime appelle à une prise de conscience sur les violences racistes dans le sport.

Âgée de 21 ans, Meriem Bouchedda a toujours été une fervente supporteure de l’OL. Pourtant, après cet incident, elle se demande si elle pourra un jour retourner au stade. Les événements se sont déroulés vers 00h15. Alors qu’elle et son compagnon prenaient la direction du tramway, un groupe de six hommes, arborant des maillots de l’OL, a commencé à les insulter. L’un d’eux a lancé des propos racistes à leur encontre, conduisant à une escalade de la violence.

« C’est la première fois que ça nous arrive », raconte-t-elle, visiblement encore sous le choc. Son compagnon a été immédiatement agressé par l’un des hommes, qui l’a saisi par la nuque avant de le frapper au sol, tandis que d’autres membres du groupe lui assenaient des coups de pied. Meriem Bouchedda a tenté d’intervenir, mais a été rapidement maîtrisée par un autre agresseur. Les blessures physiques et psychologiques qu’elle a subies sont encore très présentes, avec des hématomes visibles et un os fracturé.

« J’ai hurlé si fort que d’autres supporters sont arrivés », se souvient-elle. Malheureusement, l’arrivée de ces nouveaux témoins n’a pas mis fin à l’agression. Au lieu de cela, le groupe a persisté dans ses insultes, renforçant la détresse des victimes. « J’ai vu la mort », a-t-elle lancé, évoquant le moment où elle a cru que son compagnon allait perdre la vie sous les mains de son agresseur. Ce n’est qu’après qu’un spectateur a compris la gravité de la situation que l’agresseur a relâché son emprise.

Le couple a réussi à se mettre à l’abri et a appelé les secours, qui sont rapidement intervenus. Ils ont été transportés à l’hôpital, où les médecins ont diagnostiqué plusieurs fractures et prescrit quinze jours d’incapacité totale de travail (ITT). Meriem Bouchedda a déposé plainte le soir même, désireuse de souligner les dangers que représentent de telles violences, notamment dans le cadre d’événements sportifs.

Elle a par la suite partagé son histoire sur les réseaux sociaux afin de sensibiliser le public. Sa publication a suscité une vague de soutien, mais également des réactions haineuses, une réalité qu’elle connaît bien en tant qu’élue et femme d’origine arabe. « C’est fou de se dire que les racistes peuvent l’être en toute impunité », déplore-t-elle. Elle a déjà été victime de cyberharcèlement, et malgré ses plaintes, peu de réponses ont été apportées.

Dans un contexte où l’extrême droite semble prendre de l’ampleur, Meriem Bouchedda appelle à une prise de conscience collective. « Je suis française, née en France. Je suis élue de la République. C’est mon pays et je l’aime », affirme-t-elle. Elle espère que son témoignage incitera à une réflexion sur la lutte contre toutes formes de discrimination.

Concernant l’Olympique lyonnais, le club a publié un communiqué affirmant sa « tolérance zéro » envers les violences et les discriminations. Le parquet de Lyon a également ouvert une enquête pour « violences aggravées », confiée à la Direction interrégionale de la police nationale (DIPN). Malgré les dispositifs de sécurité en place cette nuit-là, l’agression a pu se produire, soulevant des questions sur la protection des supporters.

En attendant, Meriem Bouchedda a décidé de ne plus se rendre au Groupama Stadium, une décision lourde de sens pour une passionnée de football. « J’ai trop peur qu’il m’arrive quelque chose à nouveau », confie-t-elle, lamentant que le plaisir de supporter son équipe soit désormais entaché par la peur.