Une enquête ouverte pour harcèlement raciste au sein de la Garde républicaine

Une enquête a été lancée à Paris suite à la plainte d’un gendarme qui dénonce un harcèlement raciste au sein de la Garde républicaine. Ce militaire de 29 ans, identifié sous le prénom de Ryan, a déposé sa plainte le 17 décembre 2025, et a été entendu par les autorités le 21 janvier 2026.

EN BREF

  • Une enquête ouverte après la plainte d’un gendarme pour harcèlement raciste.
  • Des propos discriminatoires dénoncés par le militaire, y compris des conseils inappropriés de son commandant.
  • La gendarmerie nationale a rappelé son engagement contre les discriminations.

Ryan a révélé avoir reçu, le 16 décembre 2025, une lettre anonyme dans sa boîte aux lettres le qualifiant de « sale bougnoule », en référence à une tenue traditionnelle algérienne qu’il avait portée à un mariage. Ce message, qu’il a qualifié de provocation raciste, a constitué le point de départ de sa décision de se tourner vers la justice pour dénoncer ce qu’il appelle une discrimination systématique subie au cours des six dernières années.

Lors de ses premiers échanges avec son commandant, Ryan a été confronté à des remarques dégradantes. « J’ai pas envie de te voir en djellaba dans la caserne », aurait dit le commandant, ajoutant que « les gens viennent de milieux ruraux » et que sa présence dérangeait. Ryan témoigne également d’un climat de méfiance persistante à son égard, notamment après une interpellation où ses collègues ont osé demander s’il connaissait l’individu simplement parce qu’il parlait arabe.

Ce sentiment de suspicion ne se limite pas à lui seul. Ses proches ont également été victimes de contrôles excessifs à la caserne, renforçant l’idée que leur origine pourrait être une cause de discrimination. Ryan se souvient d’une tentative d’un gradé d’entrer dans son logement sans autorisation, ainsi que d’une convocation de sa femme pour vérifier si elle était victime de violences, en raison de stéréotypes associés à sa culture.

Ces expériences ont conduit Ryan à ressentir une profonde injustice au sein d’une institution censée représenter l’égalité. Il a exprimé son dégoût en observant la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2024, alors que des musiciens de la Garde républicaine se produisaient aux côtés de la chanteuse franco-malienne Aya Nakamura. « Je ne connais pas ces musiciens, mais à la caserne, les anciens étaient dégoûtés », a-t-il déclaré, soulignant le contraste entre l’image véhiculée par l’institution et la réalité vécue par certains de ses membres.

Ryan, qui se présente également comme champion en arts martiaux mixtes (MMA), a choisi de servir la France et de contribuer à sa sécurité. Il se questionne sur la raison pour laquelle il doit faire face à de telles discriminations. « Je ne suis pas le seul à subir ça », a-t-il affirmé, en soulignant que son engagement n’a pas suffi à le protéger des préjugés au sein même de son institution.

Son avocat, Seydi Ba, a exprimé son indignation face à cette situation : « Servir la France pendant toutes ces années n’a pas protégé mon client du racisme au sein même de son institution. » Cette déclaration met en lumière la nécessité d’une remise en question des pratiques internes et d’une vigilance accrue contre les actes de discrimination.

En réponse à ces accusations, la gendarmerie nationale a rappelé son engagement envers une tolérance zéro face aux comportements discriminatoires. Elle a développé un réseau de prévention et d’accompagnement ainsi que des dispositifs de signalement, dans le but de garantir l’égalité et de lutter contre les violences et les discriminations au sein de ses rangs. La mise en place d’un Observatoire de la gendarmerie pour l’égalité et contre les discriminations a également été annoncée.

Avec cette enquête en cours, la Garde républicaine se retrouve à un tournant crucial. Les résultats de cette investigation pourraient avoir des répercussions importantes sur sa réputation et sur la confiance des gendarmes issus de milieux divers.