Le déraillement d’un train express régional (TER) entre Rouen et Caen, survenu vendredi soir, a blessé 44 personnes et soulève des interrogations sur les causes de cet incident. Une enquête a été lancée par la police ainsi que par la SNCF pour évaluer les circonstances de cet accident, qui pourrait être lié à un acte malveillant.
EN BREF
- Déraillement d’un TER près de Cléon, 44 blessés.
- Enquête en cours sur un possible acte malveillant.
- Transport de secours et perturbations ferroviaires majeures annoncées.
Le déraillement s’est produit vers 19h45 entre les communes de Tourville et Elbeuf-Saint-Aubin, à proximité de Cléon, en Seine-Maritime. Selon les premières informations fournies par les autorités, deux rames du train auraient été touchées alors qu’elles circulaient à 140 km/h. Un passager de 24 ans, Louis, a relaté les événements en affirmant avoir ressenti plusieurs secousses avant que la situation ne devienne chaotique : « Les vitres ont partiellement explosé, des débris de la voie sont entrés dans le wagon. » Un autre témoin, Vincent, a également exprimé sa surprise face à la violence du choc, décrivant des valises projetées à l’intérieur du train.
Les premiers éléments recueillis par les enquêteurs indiquent qu’un morceau de rail aurait été déposé sur la voie, ce qui suggère une intention malveillante. Le parquet de Rouen a ouvert une enquête pour déterminer les causes des blessures graves et a confié l’affaire à la police judiciaire. Le président de la région, Hervé Morin, a évoqué la présence d’une barre de fer de 300 kg sur les rails, qui, selon lui, n’était pas là une heure avant le passage du train. Cette barre aurait été déplacée depuis un site de travaux à proximité.
La SNCF a également ouvert une enquête pour collaborer avec les autorités dans un souci de transparence. Des tests d’alcoolémie et de dépistage de drogues ont été pratiqués sur le conducteur du train, tous revenus négatifs. Le procureur de Rouen, Sébastien Gallois, a précisé qu’aucun élément ne permettait d’évoquer un attentat à ce stade, bien que les investigations se poursuivent.
En réponse à cet incident, 130 pompiers, cinq équipes médicales et 80 véhicules ont été mobilisés sur le site de l’accident. Un photographe de l’AFP a rapporté la présence de nombreuses ambulances et d’un autocar escorté par la police, transportant des passagers enveloppés de couvertures de survie. Le préfet de Seine-Maritime, Jean-Benoît Albertini, a déclenché le plan Orsec pour gérer les nombreuses victimes et s’est rendu sur place pour superviser les opérations de secours.
Une jeune passagère de 18 ans a été évacuée en urgence par hélicoptère vers le CHU de Rouen, tandis que 43 autres personnes ont été prises en charge pour des blessures moins graves. Le procureur a confirmé que les jours de la principale victime ne sont plus en danger. Dans un bilan communiqué par le ministre des Transports, Philippe Tabarot, il a été précisé que parmi les blessés, 26 avaient été hospitalisés dans des établissements de santé à Rouen, dont cinq demeurent sous observation.
Ce déraillement a engendré d’importantes perturbations sur le trafic ferroviaire entre Rouen et Caen, ainsi qu’entre Caen et Le Havre. La SNCF a mis en place un service de bus de substitution et a déployé des agents sur le terrain pour évaluer les circonstances de l’incident. À la gare Saint-Lazare à Paris, plusieurs trains en provenance du Havre et de Rouen ont subi des retards de 2h40 à 3h.
La compagnie ferroviaire a exprimé sa solidarité envers les blessés et leurs proches, ainsi qu’envers le personnel engagé sur le terrain pour aider les passagers touchés par cet événement tragique. Les investigations se poursuivent pour établir les faits et apporter des réponses aux nombreuses questions soulevées par cet accident.