La maladie d’Alzheimer, qui touche près d’un million de personnes en France, ne dispose à ce jour d’aucun traitement curatif. Cette pathologie entraîne des pertes de mémoire, des difficultés à accomplir des gestes simples et une désorientation, altérant ainsi considérablement l’autonomie des personnes touchées. Cependant, une étude récente menée par la Nell Hodgson Woodruff School of Nursing de l’université Emory suggère qu’une supplémentation quotidienne en vitamine D pourrait contribuer à ralentir le déclin cognitif.
EN BREF
- Une étude américaine établit un lien entre la vitamine D et le ralentissement du déclin cognitif.
- Des participants prenant 5000 UI de vitamine D par jour obtiennent de meilleurs résultats cognitifs.
- La vitamine D pourrait être un facteur modifiable pour les personnes à risque de maladie d’Alzheimer.
Selon les chercheurs, au moins 5000 unités internationales (UI) de vitamine D par jour pourraient avoir des effets bénéfiques notables sur la santé cognitive. Cette étude, publiée dans la revue Sleep Medicine, a été réalisée auprès de 54 adultes présentant des troubles du sommeil et des troubles cognitifs légers, deux symptômes souvent présents aux premiers stades de la maladie d’Alzheimer.
Les résultats sont éclairants : les participants qui prenaient quotidiennement ces 5000 UI ont obtenu des scores supérieurs de plus de 13 % au test de Montreal Cognitive Assessment (MoCA), par rapport à ceux qui ne prenaient pas de vitamine D. Il est à noter que cette différence significative persiste même après avoir pris en compte divers facteurs, tels que l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle et le niveau d’éducation.
Il est intéressant de mentionner que la dose de 5000 UI est considérée comme très élevée, sachant que la recommandation quotidienne en France est de 15 µg, soit environ 600 UI. Les chercheurs ont également observé que les effets positifs se vérifiaient que ce soit avec de la vitamine D2 (provenant de sources végétales) ou de la vitamine D3 (synthétisée par le corps lors de l’exposition au soleil ou apportée par l’alimentation).
La vitamine D joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement des muscles et du système nerveux, et elle est également impliquée dans la qualité du sommeil. Les troubles du sommeil étant fréquents chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, les chercheurs soulignent une possible corrélation entre ces troubles et le déclin cognitif. Un mauvais sommeil pourrait exacerber ce déclin, tandis que des troubles cognitifs pourraient perturber le sommeil.
Ce constat amène à réfléchir sur l’importance de l’intervention précoce. Les personnes âgées présentant des troubles du sommeil et des troubles cognitifs légers pourraient se trouver à un stade critique où il est encore possible d’améliorer leur santé cérébrale. Victoria Pak, auteure principale de l’étude, indique : « Identifier des facteurs accessibles et modifiables, comme la prise de compléments de vitamine D, dès les premiers stades du déclin cognitif, pourrait devenir de plus en plus important, notamment alors que le nombre de cas de maladie d’Alzheimer continue d’augmenter. »
Il est également à souligner que cette étude établit pour la première fois un lien entre les carences en vitamine D et les troubles cognitifs, en plus des troubles du sommeil. Toutefois, il convient de rester prudent. Bien que les résultats soient prometteurs, cette piste mérite d’être explorée davantage avant de conclure à une efficacité avérée pour prévenir ou ralentir la maladie d’Alzheimer.
Dans un contexte où le nombre de cas de la maladie d’Alzheimer continue de croître, ces nouvelles perspectives sur la vitamine D pourraient ouvrir la voie à des stratégies de prévention intéressantes.