Une étude révèle l’ampleur de la cyberviolence chez les adolescentes en milieu scolaire

Une récente étude de l’Observatoire national des violences faites aux femmes met en lumière un phénomène préoccupant : la cyberviolence touche un grand nombre de collégiennes et lycéennes en France. Cette étude, publiée le 29 janvier, s’appuie sur les enquêtes menées par l’éducation nationale concernant le climat scolaire et la victimation des élèves.

EN BREF

  • 30,6 % des collégiennes et 24,9 % des lycéennes victimes de cyberviolence.
  • Les violences verbales représentent la majorité des cas rapportés.
  • Urgence de déployer des programmes d’éducation à la vie affective et relationnelle.

Les résultats de l’étude sont alarmants : près d’un tiers des collégiennes (30,6 %) et un quart des lycéennes (24,9 %) affirment avoir été victimes d’une forme de cyberviolence durant l’année scolaire. Ces données proviennent des enquêtes « de climat scolaire et de victimation » menées par l’éducation nationale en 2022 et 2023. Les garçons sont également concernés, bien que dans une mesure légèrement inférieure : 26,2 % des collégiens et 20,4 % des lycéens rapportent avoir subi des violences similaires.

Parmi les différentes formes de cyberviolence, les violences verbales sont les plus courantes. Elles incluent des injures, des moqueries et des surnoms désagréables. L’étude révèle que la majorité des victimes sont ciblées par un seul agresseur, précisant que « sept victimes sur dix déclarent avoir été prises pour cible par un élève agissant individuellement ». Ces chiffres soulèvent des questions sur la dynamique des relations au sein des établissements scolaires.

L’étude aborde également les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire. Environ 15 % des collégiennes et 19 % des lycéennes déclarent avoir subi des violences sexuelles, telles que des baisers ou caresses forcées. Même dans les classes de CM1 et CM2, 8 % des écoliers ont signalé avoir été victimes d’« embrassades » forcées, et 15 % ont subi du voyeurisme dans les toilettes.

Ces résultats mettent en avant l’urgence de programmes éducatifs adaptés, notamment ceux consacrés à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars). Roxana Maracineanu, secrétaire générale de la Mission pour la protection des femmes, évoque une nécessité pressante d’intensifier ces initiatives. « Aucune violence à caractère sexiste ou sexuel n’a sa place à l’école », insiste-t-elle.

Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, partage cette préoccupation. Dans l’étude, il souligne que 66 % des écoliers, 48 % des collégiens et 35 % des lycéens ont déjà bénéficié, d’ici le 31 décembre 2025, d’au moins une séance d’éducation à la vie affective et relationnelle. Cette formation est essentielle pour sensibiliser les jeunes aux enjeux de la violence et des relations saines.

Face à ces chiffres alarmants, la question de l’interdiction des réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans ou du bannissement des téléphones au lycée est plus que jamais d’actualité. Les discussions sur la régulation de ces outils numériques, qui peuvent parfois devenir des vecteurs de violence, se multiplient. La nécessité de repenser l’accès et l’utilisation des technologies par les jeunes s’impose comme une priorité pour les acteurs éducatifs et politiques.

Au-delà des statistiques, ces résultats soulignent la nécessité d’une prise de conscience collective face à un problème sociétal complexe. L’éducation et la prévention sont des leviers indispensables pour lutter contre la cyberviolence et garantir un environnement scolaire sain et respectueux pour tous les élèves.