Une étude récemment publiée par l’University College London (UCL) dans la revue The Lancet met en lumière un lien préoccupant entre l’obésité et la mortalité causée par des maladies infectieuses. Selon cette recherche, plus d’un décès sur dix lié à ces maladies dans le monde serait associé à l’obésité, soulignant ainsi l’impact de cette condition sur la santé publique.
EN BREF
- Plus de 10 % des décès dus à des infections sont liés à l’obésité.
- Les personnes obèses ont un risque accru d’hospitalisation et de décès de 70 %.
- La perte de poids pourrait réduire le risque d’infections graves de 20 %.
Le ministère de la Santé rappelle que l’obésité, qui touche près de 8 millions de personnes en France, est une maladie complexe ayant des causes multiples. Elle constitue un facteur de risque majeur pour diverses pathologies chroniques, telles que le diabète, l’hypertension artérielle, et les maladies cardiovasculaires.
Les chercheurs ont analysé les données de plus de 540 000 personnes au Royaume-Uni et en Finlande, suivies sur une période de 13 à 14 ans, en se penchant sur 925 maladies infectieuses, qu’elles soient bactériennes, virales, parasitaires ou fongiques. Les résultats indiquent qu’environ 1 décès sur 10 lié à une maladie infectieuse pourrait être attribué à l’obésité chez les adultes, ce qui représente environ 0,6 million de décès sur 5,4 millions au total.
Les données révèlent également que les individus obèses, définis par un indice de masse corporelle (IMC) de 30 ou plus, ont un risque d’hospitalisation ou de décès dû à une maladie infectieuse supérieur de 70 % par rapport à ceux ayant un IMC entre 18,5 et 24,9, considéré comme un poids santé. Fait alarmant, le risque augmente proportionnellement avec le poids : les personnes affichant un IMC de 40 ou plus présentent un risque trois fois plus élevé de développer des infections graves.
Les chercheurs soulignent que leur étude met en évidence des « associations robustes » entre l’obésité et un risque accru d’infections graves, indépendamment des facteurs sociodémographiques, comportementaux et cliniques. Ce lien ne se limite pas à l’influence des maladies chroniques associées à l’obésité, mais réside dans l’obésité elle-même.
Il est à noter que les résultats de l’étude persistent même chez des personnes obèses ne présentant ni syndrome métabolique, ni diabète, ni maladie cardiovasculaire, ce qui indique que le mode de vie ne joue pas un rôle déterminant dans cette relation. Le professeur Mika Kivimäki, auteur principal de l’étude, explique que l’obésité semble altérer le fonctionnement immunitaire, provoquant une dérégulation des réponses immunitaires et des perturbations métaboliques. Il ajoute que « les personnes ne contractent pas forcément une infection plus facilement, mais la guérison est clairement plus difficile. »
Les chercheurs ont également observé que la perte de poids peut réduire le risque d’infections graves d’environ 20 % chez les personnes obèses. Cette découverte amène à conclure que l’obésité devrait être prise en compte dans les stratégies de santé publique visant à prévenir les infections graves.
Enfin, Dr Solja Nyberg de l’Université d’Helsinki, première auteure de l’étude, souligne l’urgence d’adopter des politiques favorisant la santé et la perte de poids, notamment en garantissant l’accès à une alimentation saine et abordable, ainsi qu’à des activités physiques. Elle insiste également sur l’importance pour les personnes obèses de rester à jour dans leurs vaccinations.
Pour mémoire, le ministère de la Santé français rappelle que le lien entre obésité et risques de complications liés au Covid-19 est avéré et que les personnes en situation d’obésité sont classées parmi les populations vulnérables. La vaccination, notamment contre la grippe, est recommandée pour ces individus, avec une prise en charge par l’Assurance maladie.