Protéger son cerveau est essentiel pour maintenir une bonne santé cognitive en vieillissant. Une alimentation équilibrée joue un rôle clé dans ce processus. Dans ce cadre, les régimes comme le MIND ou méditerranéen, riches en fruits, légumes et poissons, sont souvent recommandés. Cependant, une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’université américaine Edith-Cowen met en lumière l’impact négatif d’un aliment très courant : le sel.
EN BREF
- Une étude révèle que la consommation excessive de sel affecte la mémoire épisodique des hommes.
- Les femmes, ayant une consommation de sel inférieure, montrent de meilleurs résultats cognitifs.
- Les chercheurs appellent à des études supplémentaires pour explorer le lien entre sodium et déclin cognitif.
En France, la consommation de sel est préoccupante. Les hommes consomment environ 9 grammes par jour, tandis que les femmes en ingèrent 7 grammes, bien au-delà de la recommandation officielle de 5 grammes. Les effets néfastes d’un excès de sel sur la santé, notamment sur la pression artérielle, sont déjà bien établis. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne que cela augmente le risque de maladies cardiovasculaires, d’obésité, de cancer gastrique, et d’ostéoporose. Face à ces constats, les chercheurs ont voulu explorer l’impact de cette consommation sur les fonctions cognitives.
Pour cette étude, 1.208 participants, âgés de 60 ans et plus et sans troubles cognitifs, ont été suivis pendant 72 mois. Ils ont répondu à des questionnaires sur leur consommation de sel et ont passé des tests neuropsychologiques pour évaluer plusieurs domaines cognitifs, dont la mémoire épisodique, la reconnaissance et les fonctions exécutives. Des prélèvements sanguins ont permis d’analyser des gènes, dont l’allèle ε4 du gène APOE, associé à un risque accru de maladie d’Alzheimer.
Les résultats ont montré que, bien que les femmes aient obtenu de meilleurs scores cognitifs en général, aucun lien direct n’a été établi entre leur consommation de sel et le déclin de la mémoire. En revanche, chez les hommes, ceux qui consommaient davantage de sel ont présenté une diminution plus rapide de leur mémoire épisodique.
Le Dr Samantha Gardener, qui a participé à l’étude, a déclaré : « Des recherches supplémentaires sont absolument nécessaires sur les approches spécifiques au sexe et sur la façon dont l’apport en sodium pourrait être intégré comme un facteur de mode de vie modifiable visant à retarder l’apparition de la maladie d’Alzheimer. » Cette remarque souligne l’importance de la recherche sur les différences de genre dans l’impact des habitudes alimentaires.
Jennifer Pallian, diététicienne américaine, a ajouté que « combiner ces résultats avec ce que nous savons déjà sur le sel, la pression artérielle et les lésions cérébrales vasculaires, renforce l’argument en faveur d’une consommation réduite de sodium dans le cadre d’un mode de vie global protecteur pour le cerveau, en particulier chez les hommes âgés ».
Pour limiter votre consommation quotidienne de sel, l’Assurance maladie recommande de privilégier des aliments pauvres en sodium. Éviter les plats préparés, la charcuterie et les snacks salés est essentiel. De plus, il est conseillé de ne pas saler l’eau de cuisson, de ne pas poser la salière sur la table pendant les repas et de goûter les plats avant d’ajouter du sel.
En conclusion, cette étude met en lumière les dangers d’une consommation excessive de sel, en particulier pour la mémoire des hommes. En adoptant des habitudes alimentaires plus saines, il est possible de protéger son cerveau et de ralentir le déclin cognitif.