Une étudiante paralysée après un craquement de cou : un AVC rare mais réel

Le craquement des articulations, souvent perçu comme un geste anodin, peut avoir des conséquences dramatiques. C’est ce qu’a découvert Natalie Kunicki, une jeune femme de 23 ans, qui a subi un AVC après avoir fait craquer son cou. Son histoire met en lumière les risques associés à cette pratique courante, bien que peu connue.

EN BREF

  • Natalie Kunicki a subi un AVC après avoir fait craquer son cou.
  • Le phénomène de cavitation peut entraîner des accidents vasculaires.
  • La sensibilisation sur les dangers de ce geste est essentielle.

Le phénomène qui provoque le craquement des articulations s’explique par un processus de déccompression gazeuse, connu sous le nom de cavitation. Ce phénomène se produit dans le liquide synovial, qui lubrifie les articulations. Lorsqu’une articulation est étirée, la pression diminue, permettant ainsi la formation de bulles de gaz. Leur contraction et leur « explosion » causent ce bruit sec souvent perçu comme inoffensif. Néanmoins, il existe des risques, notamment en ce qui concerne le cou.

Le Dr Queinnec, chirurgien orthopédique à l’Institut du rachis parisien, souligne que la région cervicale est particulièrement vulnérable. « Les artères cérébrales situées près des vertèbres cervicales sont sensibles aux mouvements brusques de la tête. Un craquement trop rapide peut provoquer une dissection artérielle, bien que ce type de complication reste rare », indique-t-il.

C’est exactement ce qui est arrivé à Natalie. En 2021, alors qu’elle se détendait chez elle après une soirée, elle s’est étirée le cou et a entendu un craquement. « Mon ami m’a demandé si c’était mon cou, mais comme mes articulations craquent souvent, je n’y ai pas prêté attention », raconte-t-elle. Elle a même ri de la situation, sans se douter des conséquences à venir.

Après s’être endormie, la jeune femme s’est réveillée en ressentant un malaise. « J’ai essayé de me lever pour aller aux toilettes, mais j’ai titubé. En baissant les yeux, j’ai réalisé que je ne pouvais plus bouger ma jambe gauche », se souvient-elle. Son ami, pensant qu’elle était encore sous l’effet de l’alcool, n’a pas immédiatement compris la gravité de la situation.

Ce n’est qu’après avoir été transportée à l’hôpital qu’elle a appris qu’elle avait subi un AVC. « Quand le médecin m’a annoncé cela, j’étais sous le choc », confie Natalie. Les médecins lui ont expliqué qu’un simple étirement du cou avait provoqué la rupture de son artère vertébrale, un événement d’une rareté exceptionnelle, avec une probabilité d’une sur un million.

À son admission, Natalie était complètement paralysée du côté gauche. Les chirurgiens ont tenté une opération pour retirer le caillot formé dans son artère, mais cette intervention n’a pas porté ses fruits. Néanmoins, grâce à un soutien indéfectible de ses collègues, qui l’ont encouragée tout au long de sa rééducation, elle a réussi à retrouver une certaine mobilité. Après un long parcours de réhabilitation, elle a pu retourner chez ses parents, marquant un tournant positif dans son état de santé.

L’histoire de Natalie Kunicki rappelle l’importance de la prudence face à des gestes que l’on considère souvent sans danger. Même des actions apparemment banales, comme faire craquer son cou, peuvent avoir des conséquences graves. Sa volonté de sensibiliser le public à ce risque pourrait potentiellement sauver d’autres vies, en incitant chacun à réfléchir avant d’agir.