Une maison unique à Malibu : le toit d’un Boeing 747 transformé en œuvre d’art

Perchée sur une colline surplombant l’immensité du Pacifique, une maison se distingue par un toit que nul autre ne possède : l’aile d’un véritable Boeing 747. Ce projet audacieux est l’œuvre de Francie Rehwald, une Californienne à l’imagination débordante, qui a choisi de faire de cette pièce d’aviation un élément central de son habitation.

EN BREF

  • Francie Rehwald a conçu sa maison à Malibu avec une aile de Boeing 747.
  • Le projet a nécessité cinq ans de travaux et une logistique complexe pour transporter l’aile.
  • Cette habitation est devenue une icône architecturale, attirant l’attention des médias spécialisés.

Francie Rehwald, issue d’une famille ayant fondé l’une des premières concessions Mercedes-Benz du sud de la Californie, a toujours rêvé d’une maison aux lignes courbes et féminines. Pour réaliser son souhait, elle a fait appel à l’architecte David Hertz, expert en réutilisation de matériaux, qui lui a proposé d’intégrer une aile d’avion à son projet. Cette idée, à première vue insolite, a rapidement séduit Francie, qui a ainsi pu créer une habitation originale tout en préservant la vue spectaculaire sur les paysages environnants.

Le couple se lance alors dans la recherche de l’avion parfait. Au milieu des années 2000, ils explorent les « cimetières d’avions » dans le désert californien, où des centaines d’appareils retirés du service attendent leur sort. Leur choix se porte sur un Boeing 747 de première génération, le 28e exemplaire fabriqué par Boeing, qui avait été livré à la compagnie TWA en 1970. Son prix ? 30 000 dollars, réglés par Francie avec sa carte bancaire, afin de cumuler des miles aériens.

Il fallait ensuite acheminer cet imposant morceau d’histoire aéronautique jusqu’à la colline de Malibu. Les équipes ont dû découper l’avion au chalumeau dans le désert avant que ses morceaux ne soient escortés par la police à travers les routes. Pour la dernière étape, un hélicoptère Chinook a été utilisé, capable de transporter des sections d’aile pesant plus de 4 tonnes. Les habitants de la région ont ainsi vu passer ces éléments spectaculaires au-dessus de leurs têtes, avant qu’ils ne soient soigneusement installés sur la propriété de Francie.

Les ailes, d’une longueur de 30 mètres chacune, ont été intégrées de manière ingénieuse. L’une couvre le séjour de la maison principale, tandis que l’autre abrite la maison d’amis. Les empennages de la queue ont été transformés en toiture pour la chambre principale. Des éléments du 747, comme un capot de réacteur devenu fontaine ou des hublots recyclés en fenêtres, ajoutent une touche unique à l’ensemble. Même les phares d’atterrissage, fixés sous les ailes, continuent d’éclairer la terrasse.

Cependant, cette structure atypique pose des défis. Les ailes, conçues pour voler, nécessitaient des ajustements pour éviter toute portance. L’architecte Hertz a donc ajouté des bandes métalliques pour perturber l’écoulement de l’air. De plus, la maison, vue du ciel, évoque un avion écrasé. Cela a nécessité un enregistrement auprès de la FAA, pour que les pilotes ne s’alertent pas en survolant la zone.

La maison de Francie n’est pas la seule à avoir adopté des éléments d’avion. En Oregon, un ingénieur a également transformé un Boeing 727 en maison. Ce type de projet, bien que rare, témoigne d’une tendance à réutiliser les matériaux de manière créative, alors que chaque année, les États-Unis se débarrassent d’une quantité d’aluminium suffisante pour reconstruire leur flotte d’avions commerciaux.

Le site de la maison a une histoire riche. Il appartenait autrefois à Tony Duquette, un designer de renom, qui y avait créé un domaine extravagant avant qu’un incendie ne le ravage dans les années 1990. La maison aux ailes d’avion, surnommée la « Wing House », a elle aussi échappé à la destruction lors de l’incendie Woolsey en 2018, grâce à l’intervention des pompiers.

Après cinq ans de chantier, la maison de Francie Rehwald est devenue l’une des plus photographiées de Californie, attirant l’attention des magazines d’architecture et des documentaires. Elle résume parfaitement une vision audacieuse de l’habitat contemporain, où l’innovation et la réutilisation se rencontrent. Francie elle-même résume son expérience de vie en une phrase simple mais évocatrice : « Je vis sous des ailes. »

Les maisons qui défient la logique fascinent depuis toujours. À Seattle, une octogénaire a refusé un million de dollars, préférant voir un centre commercial se construire autour de sa demeure. Au Japon, un agriculteur continue de cultiver ses terres en plein milieu des pistes de l’aéroport de Narita. Ces histoires illustrent la diversité des choix et des aspirations humaines face à l’urbanisation croissante.