Une mère de famille en détresse accuse le Samu d’inaction après une urgence vitale

Le 29 mars dernier, une mère de famille de 34 ans, résidant à Frontignan dans l’Hérault, a vécu une expérience tragique qui l’a laissée marquée à vie. Enceinte et déjà suivie pour un risque de grossesse extra-utérine, elle a appelé le Samu en pleine nuit en raison de douleurs insupportables. La réponse qu’elle a reçue du médecin régulateur l’a glacée : il ne pouvait « rien faire » pour elle. Livrée à elle-même, elle a dû se rendre aux urgences avec l’aide de ses parents, où elle a appris qu’elle subissait une hémorragie interne massive. Ce récit tragique soulève des questions cruciales sur les services d’urgence en France.

EN BREF

  • Une mère de Frontignan a failli perdre la vie après un appel au Samu resté sans réponse adéquate.
  • Elle a subi une hémorragie interne suite à une grossesse extra-utérine avec rupture.
  • Elle envisage de porter plainte pour non-assistance à personne en danger.

Les événements ont commencé le samedi 29 mars, aux alentours de 18 heures, lorsque la trentenaire a ressenti des douleurs violentes au bas-ventre. Déjà suivie à l’hôpital de Sète en raison d’une grossesse à risque, elle ne pouvait imaginer la gravité de sa situation. Les heures passaient, et la douleur ne faisait qu’augmenter. Vers 21 heures, elle a finalement fait un malaise, poussée par son fils de 16 ans à appeler le 15, le Samu.

Lors de cet appel, elle a exposé ses symptômes, mais la réponse du médecin a été déconcertante. « Il m’a dit qu’il ne pouvait rien faire pour moi, qu’il n’avait personne pour aller à Sète à cette heure », raconte-t-elle. Une absence de réaction qui a des conséquences dramatiques. Face à cette impasse, elle a dû solliciter ses parents pour qu’ils la conduisent aux urgences.

À son arrivée, l’équipe médicale a rapidement compris la gravité de son état. Malgré cela, l’information sur son diagnostic a mis du temps à lui parvenir. « Une fois arrivée sur place, les médecins ne m’ont pas dit de suite ce qu’il s’était passé. J’ai finalement fait un malaise et j’ai convulsé », confie-t-elle. Le verdict médical a été sans appel : grossesse extra-utérine avec rupture, entraînant une hémorragie interne massive.

Les médecins ont indiqué qu’elle avait perdu environ 2,5 litres de sang, une quantité alarmante pour une femme dont le corps en contient en moyenne 5 litres. L’opération qui a suivi a nécessité l’ablation de la trompe de Fallope touchée, et bien entendu, le bébé n’a pas survécu. La patiente est restée hospitalisée plus d’une semaine, son corps portant les cicatrices de cette épreuve, mais c’est profondément dans son esprit que les blessures se sont ancrées.

« Si je ne m’étais pas rendue aux urgences cette nuit-là, je n’aurais pas survécu », déclare-t-elle, une phrase qui résume tragiquement l’urgence de sa situation. Ce type de drame est loin d’être isolé en France, où des enquêtes ont déjà été ouvertes concernant des décès liés à des réponses inappropriées du Samu. Cette histoire rappelle des cas tragiques, notamment celui de Naomi Musenga, qui avait suscité un tollé national.

Face à cet incident, la mère de famille envisage de porter plainte contre le Samu pour « non-assistance à personne en danger ». Ce délit, selon le Code pénal français, peut entraîner des sanctions sévères. Bien que ce type de procédure soit rare, elle n’est pas inédite. Plusieurs familles ont déjà engagé des poursuites après la perte d’un proche due à une prise en charge insuffisante.

Le CHU de Montpellier, qui est responsable de la régulation du Samu dans la région, a choisi de ne pas commenter l’affaire, prétextant des obligations de confidentialité. Cette réponse ne fait qu’accroître l’incompréhension de la mère et de son entourage. La question des moyens disponibles pour le Samu, notamment dans les zones périurbaines durant la nuit, reste cruciale. Si aucun véhicule n’était disponible ce soir-là, cela interroge l’organisation des secours dans l’Hérault.

À l’heure actuelle, cette affaire soulève des préoccupations quant à la confiance du public envers le système de santé. Les témoignages de patients ayant subi des erreurs de diagnostic continuent d’alimenter les doutes sur l’efficacité des services d’urgence. La suite dépendra des actions judiciaires que la mère de famille décidera d’engager. Mais pour elle, la nuit du 29 mars 2025 restera à jamais gravée dans sa mémoire comme celle où le système de santé, censé la protéger, l’a laissée tomber.