Une vente de voiture tourne au cauchemar : 1 588 € réclamés à un couple de Dordogne

Un couple de Dordogne, Michaël et Fanny, se retrouve dans une situation délicate après avoir vendu leur Citroën C3 Picasso pour la modique somme de 150 euros. Alors qu’ils pensaient mettre fin à leurs soucis avec ce véhicule en mauvais état, ils se voient désormais confrontés à un véritable engrenage administratif. Six mois après la vente, 18 amendes de stationnement s’accumulent dans leur boîte aux lettres, et l’acheteur a disparu sans laisser de trace.

EN BREF

  • Un couple vend sa Citroën C3 Picasso pour 150 €, mais l’acheteur disparaît.
  • Ils reçoivent 18 amendes pour stationnement, montant total de 1 588 €.
  • Malgré leurs recours, l’administration continue de réclamer le paiement.

En janvier 2025, Michaël et Fanny, résidents de Saint-Vincent-de-Cosse, décident de se débarrasser de leur voiture. L’acheteur, un ancien salarié du couple, promet de faire le nécessaire pour le changement de carte grise. Après avoir rempli tous les documents requis, ils estiment que tout est en ordre. Malheureusement, cela ne sera pas le cas.

Entre mai et juillet 2025, le couple commence à recevoir des lettres recommandées qui les alertent sur les amendes de stationnement. Au total, 18 contraventions, constatées dans des villes où ils n’ont jamais été avec le véhicule, s’accumulent. La première réaction de Michaël est d’essayer de contacter l’acheteur, mais ce dernier a disparu, et son numéro de téléphone n’est plus attribué.

« C’est un véritable sentiment d’arnaque » témoigne Michaël, désemparé par la situation. Le couple réalise alors que l’ancien salarié n’a pas effectué le changement de carte grise, les rendant donc juridiquement responsables des infractions liées à la voiture.

« On aurait mieux fait de garder la voiture », confie Fanny, qui voit leur situation devenir de plus en plus préoccupante. En octobre 2025, le montant des amendes, initialement de 150 euros, a grimpé à 1 588 euros. Le couple tente de contester ces amendes auprès des mairies concernées, mais leurs recours sont tous rejetés pour dépassement de délai.

Les démarches auprès du tribunal du stationnement payant, basé à Limoges, ne suspendent pas l’exigibilité des amendes, laissant le couple face à un système juridique rigide. Michaël déplore le fait que, malgré les preuves fournies, l’administration reste sourde à leur situation. « L’humanité derrière, c’est pas grave, vous payez et le reste on verra après », résume-t-il avec amertume.

Chaque mois, les finances publiques ciblent Fanny, dont le compte en banque est désormais menacé de saisie. En février et mars 2026, deux tentatives de saisie échouent, car ses revenus, une pension d’invalidité de 465 euros, ne lui permettent pas de couvrir la dette. La situation devient insoutenable lorsque le couple reçoit une mise en demeure formelle de payer.

« Si vous ne payez pas, ils commencent les saisies », prévient Michaël, inquiet. Ils sont maintenant confrontés à la menace de perdre tous leurs biens. Fanny confie : « On a la boule au ventre, on ne dort pas bien. » Le couple a même écrit au Premier ministre, sans obtenir de réponse.

Ce cas illustre une réalité méconnue pour de nombreux automobilistes : la vente d’un véhicule mal finalisée peut avoir des conséquences désastreuses pour le vendeur. Les obligations liées à la carte grise ne cessent pas avec la remise du certificat de cession. Si l’acheteur ne fait pas les démarches, l’ancien propriétaire reste juridiquement exposé aux infractions.

Pour Michaël et Fanny, la leçon est brutale : tant que la carte grise n’est pas transférée, ils demeurent responsables des actes de la voiture. En attendant que leurs recours soient examinés, ils espèrent que l’administration finira par reconnaître leur bonne foi.

Il existe pourtant une issue, comme l’indiquent les finances publiques, qui suggèrent qu’une plainte pénale pourrait suspendre le recouvrement le temps que les recours soient examinés. Cependant, le couple n’a pas encore franchi ce pas, peut-être par épuisement ou parce qu’ils pensaient que leurs preuves suffiraient. Dans le labyrinthe administratif, avoir raison ne suffit pas toujours.

Pour l’instant, Michaël et Fanny continuent d’attendre une réponse du tribunal, espérant que cette fois, leur voix sera entendue.