Alors que plusieurs universités françaises sont actuellement bloquées en raison de mouvements sociaux, des étudiants expriment leur crainte d’être pénalisés lors des examens. Cette situation soulève des interrogations sur l’impact des blocages sur le parcours académique des étudiants, notamment ceux en droit, qui continuent de faire face à des conditions d’enseignement particulières.
EN BREF
- Les blocages universitaires suscitent l’inquiétude des étudiants pour leurs examens.
- Ilan Gabet souligne que les votes en assemblée générale décident des blocages.
- Baptiste des Monstiers rappelle que le distanciel n’a pas compromis les diplômes lors de la crise Covid.
Ilan Gabet, étudiant en droit et chroniqueur sur RMC, évoque la situation actuelle dans son établissement, où les décisions de blocage sont prises lors d’assemblées générales. « Nous avons eu un vote dans notre faculté, et 500 personnes ont opté pour la poursuite du blocage », explique-t-il. Cette dynamique, commune à de nombreuses autres universités, crée un climat d’incertitude pour les étudiants, déjà en proie à des défis académiques.
Baptiste des Monstiers, également étudiant en droit, partage son expérience. Selon lui, le passage à l’enseignement à distance n’altère pas fondamentalement les conditions d’apprentissage lors des cours magistraux. « Vous écoutez un professeur qui dicte un livre de référence. C’est partout pareil », affirme-t-il. Il rappelle que durant la crise sanitaire, les examens se sont poursuivis, et les diplômes obtenus pendant cette période n’ont pas été remis en question. « Le monde ne s’est pas arrêté de tourner quand il y a eu le Covid. Est-ce qu’on a dit que les diplômes de droit passés pendant le Covid n’avaient pas de valeur ? Non », soutient-il.
Pourtant, tous les étudiants ne partagent pas cet avis. Ilan Gabet met en avant les difficultés liées à la situation actuelle. Il souligne que les conditions d’apprentissage sont inégalitaires, en particulier avec la fermeture de certaines bibliothèques, rendant l’accès à des espaces d’études plus difficile. « Aujourd’hui, normalement, la fac garantit l’égalité des chances. Quand vous avez un enseignement en distanciel, vous n’avez pas d’égalité des chances », déclare Estelle Denis, une autre étudiante.
En effet, Gabet raconte avoir rencontré des obstacles lorsqu’il a essayé de travailler dans des bibliothèques parisiennes, souvent pleines. « Il y a plein de bibliothèques qui sont pleines. C’est-à-dire qu’on n’a pas de salles », précise-t-il. Cette situation complique le suivi des cours à distance, qu’il décrit comme éprouvant, surtout lorsqu’il est contraint de travailler depuis son lit pendant trois heures.
Malgré ces défis, Baptiste des Monstiers reste optimiste quant à la valorisation des diplômes. Il se souvient avoir obtenu ses certificats de droit administratif sans avoir assisté à un seul cours, se contentant d’accéder aux supports d’enseignement. Il avoue cependant que la situation actuelle, avec des blocages et des cours à distance, est loin d’être idéale. Mais il est convaincu que ces expériences ne sauront pas dévaloriser les parcours académiques des étudiants, comme cela a été le cas durant la crise de la Covid-19.
La question demeure : dans quelle mesure ces blocages affectent-ils réellement l’avenir académique des étudiants ? La réponse semble variée, selon les perspectives des uns et des autres. Ce qui est certain, c’est que la situation actuelle appelle à une réflexion sur l’équité et les conditions d’enseignement dans l’enseignement supérieur en France.