Les street-médics, ces secouristes de rue facilement reconnaissables à leurs tenues blanches et casques, se sont retrouvés sous le feu des projecteurs après l’incident survenu à Paris le 17 octobre, où un manifestant a été frappé par des forces de l’ordre. Si leur présence peut parfois s’avérer utile, le docteur Aurel Guedj, médecin urgentiste, met en garde contre certaines pratiques qui pourraient avoir des conséquences graves.
EN BREF
- Les street-médics sont souvent non qualifiés pour administrer des soins appropriés.
- Des erreurs dans les diagnostics peuvent mettre en danger la vie des manifestants.
- Une formation et une organisation adéquates sont essentielles pour garantir la sécurité médicale.
Le docteur Guedj souligne que de nombreux street-médics ne possèdent pas les qualifications nécessaires pour soigner. « Il y a deux prérequis pour soigner : des diplômes et de l’expérience », précise-t-il. Il évoque le risque que des étudiants, même en dernière année de médecine, commettent des erreurs qui pourraient avoir des conséquences fatales. Par exemple, un manifestant pourrait recevoir des conseils inappropriés sur le fait de rentrer chez lui après un traumatisme crânien, alors qu’il nécessiterait une prise en charge médicale immédiate.
Ce vendredi 23 octobre, sur les ondes de RMC Story, il a partagé son inquiétude face à ces pratiques : « Un manifestant prend un projectile dans la tête, vous lui dites de rentrer chez lui et d’aller aux urgences seulement s’il vomit. Mais moi je le revois trois jours après aux urgences avec un gros saignement dans la tête, dans le coma et des séquelles, ça c’est grave. » Cette situation illustre le risque que des street-médics non formés puissent donner un faux sentiment de sécurité aux manifestants.
Le docteur Guedj insiste sur l’importance de la compétence et de la formation pour ceux qui interviennent dans des situations d’urgence. « Pour être secouriste, il faut à la fois une formation et de l’expérience », déclare-t-il. Il propose que les street-médics se limitent à des actions de secourisme basiques, en se relayant vers des professionnels qualifiés lorsque cela est nécessaire. « La vie, ce n’est pas un jeu de rôle où l’on choisit le personnage ‘infirmier’ dans Call of Duty quand on crée son avatar », ironise-t-il.
La gestion des secours lors des manifestations requiert une organisation rigoureuse. Le docteur Guedj souligne que les street-médics ne connaissent pas toujours les infrastructures médicales disponibles à proximité. « Dans le cas de saignements dans la tête, il faut envoyer les gens vers des services de neuro-chirurgie, et il n’y en a pas partout à Paris », explique-t-il. Un manque de coordination peut entraîner un retard dans la prise en charge des blessés, ce qui pourrait compromettre leur survie.
En somme, le docteur Aurel Guedj appelle à la vigilance concernant le rôle des street-médics. Bien qu’ils puissent avoir une intention louable d’aider, leur manque de formation peut avoir des conséquences désastreuses. La sécurité des manifestants doit primer, et cela nécessite une réelle expertise médicale, une organisation adéquate et une communication claire entre citoyens et professionnels de santé.