Usine Samsung à Göd : un enjeu électoral pour Viktor Orban en Hongrie

À Göd, une ville située à 25 kilomètres au nord de Budapest, une usine de batteries pour véhicules électriques du géant sud-coréen Samsung soulève de nombreuses inquiétudes. Accusée d’exposer ses employés à des risques sanitaires, cette installation se retrouve au cœur d’une controverse qui pourrait peser sur la campagne de réélection du Premier ministre Viktor Orban, dont la popularité décline à l’approche des élections du 12 avril.

EN BREF

  • Une usine Samsung à Göd est accusée d’exposer ses employés à des risques sanitaires.
  • Les révélations surviennent à l’approche des élections du 12 avril en Hongrie.
  • Viktor Orban fait face à des critiques croissantes sur la gestion de l’usine et de la pollution.

Selon les révélations d’une enquête menée par le site Telex, le gouvernement hongrois, sous la direction de Viktor Orban, aurait ignoré des alertes concernant la sécurité et la santé des travailleurs de cette usine. Malgré des informations alarmantes, le projet d’une fermeture n’a pas été envisagé, ce qui soulève des questions sur la transparence et l’intégrité du gouvernement.

Inaugurée en 2017, cette usine a été l’un des premiers projets majeurs d’investissement de Samsung en Hongrie, attiré par des subventions publiques dépassant les 500 millions d’euros. Cependant, la situation actuelle semble avoir tourné au désavantage du gouvernement, alors que le pays ambitionnait de devenir un leader dans la fabrication de véhicules électriques.

Les habitants de Göd expriment leur mécontentement face à l’expansion continue de l’usine. Erika Nemeth, une retraitée de 67 ans, déclare : « Ils n’arrêtent pas de l’agrandir, c’est devenu énorme, mais nous ne savons pas ce qui se passe à l’intérieur. » Elle souhaite déménager, mais la baisse des prix de l’immobilier liée aux inquiétudes environnementales complique ses projets.

À l’opposé, certains résidents, comme Beata Peimli, restent optimistes. « Une usine aussi grande est certainement étroitement surveillée, et s’il y avait des problèmes, elle serait fermée », affirme-t-elle, confiante dans les autorités locales.

La municipalité de Göd, représentée par son porte-parole Peter David Balogh, tente de rassurer la population : « Tous les tests effectués à ce jour par les autorités locales n’ont révélé aucune contamination. » Toutefois, cette affirmation est contestée par l’association Göd-ERT, fondée en 2020 pour surveiller l’usine, qui évoque des résultats inquiétants concernant des substances toxiques dans l’eau.

Des tests effectués par Göd-ERT ont révélé la présence de N-méthyl-2-pyrrolidone (NMP), un solvant utilisé dans la fabrication de batteries, jugé dangereux pour les femmes enceintes. Ces révélations renforcent les critiques contre l’entreprise et le gouvernement, qui peinent à convaincre le public de la sécurité de l’usine.

Un rapport des services de renseignement de 2023 aurait également mis en lumière des violations réglementaires, accusant Samsung d’exposer ses employés à des substances cancérogènes, tout en cherchant à dissimuler ces problèmes. Zsuzsanna Bodnar, journaliste et membre de Göd-ERT, souligne : « Samsung a enfreint toutes sortes de réglementations. »

Viktor Orban, face à ces accusations, les qualifie de « faux problèmes » soulevés par l’opposition, affirmant que la Hongrie dispose des réglementations environnementales les plus strictes. De son côté, Samsung a réagi en assurant que l’usine respecte toutes les normes en matière de sécurité et de transparence.

Alors que la campagne électorale s’intensifie, cette affaire pourrait devenir un enjeu majeur pour Viktor Orban, qui doit naviguer entre les préoccupations environnementales croissantes et les attentes de ses électeurs. Le Premier ministre se retrouve à un tournant crucial, où chaque décision pourrait influencer son avenir politique.