Les avancées scientifiques en matière de vaccination continuent d’évoluer, et une étude récente menée par des chercheurs américains ouvre la voie à une nouvelle méthode de protection contre le Covid-19 et d’autres infections. Publie dans la revue Science, cette recherche met en lumière l’efficacité de vaccins dits « nasaux », qui pourraient révolutionner notre approche face aux maladies infectieuses.
EN BREF
- Une étude américaine révèle l’efficacité de vaccins nasaux contre le Covid et d’autres infections.
- Des souris ont montré une résistance accrue aux virus et bactéries pendant trois mois.
- Des défis demeurent avant une application chez l’homme, notamment en matière d’immunité.
Menée par Bali Pulendran, chercheur à l’université de Stanford, cette étude propose une approche innovante. Plutôt que d’injecter une dose atténuée du virus pour stimuler le système immunitaire, les chercheurs cherchent à imiter les signaux des cellules immunitaires. Cette méthode vise à concentrer la réponse immunitaire dans les voies respiratoires, là où débutent de nombreuses infections virales.
Dans le cadre des expérimentations, les chercheurs ont observé que les souris traitées avec ce vaccin nasal ont réussi à résister à l’exposition au SARS-CoV-2 pendant trois mois, démontrant ainsi une protection significative. À l’issue de la période d’observation, les poumons des animaux étaient presque totalement débarrassés du virus.
Les résultats ne s’arrêtent pas au Covid. L’étude a également montré une résistance des souris à des surinfections bactériennes, notamment celles causées par Staphylococcus aureus et Acinetobacter baumannii. De plus, certains rongeurs ont présenté une résistance à des allergies, en particulier celles liées aux acariens.
Cependant, il est essentiel de rester prudent face à ces résultats. L’immunologue Stéphane Paul, du CHU de Saint-Étienne, souligne qu’un vaccin universel pourrait être difficile à réaliser. Il précise que l’immunité générée par cette approche est de courte durée et que des facteurs tels que le vieillissement ou des infections antérieures pourraient limiter son efficacité chez l’homme.
Actuellement, plusieurs vaccins nasaux contre la grippe et la coqueluche sont en développement ou déjà disponibles sur le marché. Concernant le Covid, la question se pose de savoir s’il serait plus judicieux de se concentrer sur la réduction de la transmission du virus plutôt que de maintenir un état d’alerte permanent du système immunitaire.
Pour explorer cette piste, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) a initié une étude en collaboration avec l’université de Tours en 2021. Les essais cliniques ont été lancés au printemps dernier, témoignant d’un intérêt croissant pour cette méthode de vaccination innovante.
Les vaccins nasaux pourraient-ils un jour remplacer les injections traditionnelles ? Alors que la recherche avance, il est clair que des défis subsistent. Cependant, ces découvertes ouvrent des perspectives encourageantes pour la lutte contre le Covid-19 et d’autres maladies infectieuses, tout en redéfinissant notre approche de la vaccination.