Vaccins : prévention d’un cancer sur huit lié aux infections courantes

Les cancers sont souvent associés à des facteurs tels que le tabac, l’alcool ou la génétique. Pourtant, une étude récente publiée dans The Lancet Oncology en octobre révèle que les infections jouent un rôle majeur dans le développement de ces maladies. En effet, elles seraient responsables de plus de 2 millions de nouveaux cas de cancer chaque année dans le monde, soit environ un cancer sur huit.

EN BREF

  • Les infections, responsables de plus de 2 millions de cancers par an dans le monde.
  • Vaccins existants contre les papillomavirus et l’hépatite B pour prévenir certains cancers.
  • Importance du dépistage et du traitement des infections pour réduire les risques.

Parmi les infections les plus préoccupantes, la bactérie Helicobacter pylori se distingue. Cette dernière, qui se fixe dans l’estomac dès l’enfance, peut provoquer des ulcères, mais elle est également responsable d’un nombre significatif de cas de cancer de l’estomac. Selon l’étude, elle constitue le principal agent infectieux à l’origine de cancers.

Les papillomavirus, également connus sous le nom de HPV, sont en deuxième position. Ils sont souvent transmis par contact sexuel et sont responsables de presque tous les cancers du col de l’utérus, ainsi que de cancers de l’anus, du pénis, de la vulve, du vagin et de certains cancers de la gorge. Il est crucial de noter que les hommes sont également concernés par ces infections.

Les virus des hépatites B et C, en particulier, sont associés à des cancers du foie. Le virus d’Epstein-Barr, connu pour provoquer la mononucléose, est impliqué dans certains lymphomes et cancers de l’estomac ainsi que de l’arrière du nez.

Le lien entre infections et cancers

Mais comment ces infections peuvent-elles mener à des cancers ? Elles peuvent entraîner une inflammation chronique, perturber le fonctionnement cellulaire ou affaiblir les mécanismes de défense naturels. Prenons l’exemple d’Helicobacter pylori : cette bactérie peut engendrer une irritation permanente de la muqueuse de l’estomac. Ce processus répétitif d’agression et de réparation des tissus peut aboutir à des anomalies cellulaires au fil du temps.

De plus, certains virus comme les HPV interfèrent directement avec les mécanismes qui régulent la multiplication cellulaire, augmentant ainsi le risque de cancer.

Il est essentiel de souligner que la majorité des personnes infectées ne développeront pas de cancer. La survenue d’un cancer est généralement le résultat d’une combinaison d’éléments, souvent sur une période prolongée. Par ailleurs, il est fondamental de préciser qu’un cancer ne se transmet pas entre individus ; ce sont les agents infectieux qui se propagent.

Les solutions de prévention

Pour prévenir ces cancers, plusieurs actions peuvent être mises en œuvre, notamment la vaccination, le dépistage et le traitement des infections. Actuellement, des vaccins existent pour lutter contre les papillomavirus et l’hépatite B. Vacciner à la fois les filles et les garçons contre les HPV s’inscrit dans une démarche de prévention efficace contre ces cancers.

En ce qui concerne l’hépatite C, bien qu’aucun vaccin ne soit disponible, des traitements permettent de guérir l’infection. Pour Helicobacter pylori, un traitement antibiotique spécifique peut être administré pour éradiquer la bactérie. Cela est particulièrement recommandé en cas d’ulcères ou d’antécédents familiaux de cancer de l’estomac.

Il convient également de rappeler que la vaccination contre les HPV ne doit pas remplacer les examens de dépistage du col de l’utérus, qui ont pour but de détecter et traiter des lésions avant qu’elles ne deviennent cancéreuses.

Dans la lutte contre les cancers liés aux infections, la prévention et la sensibilisation sont essentielles. Ces démarches peuvent considérablement réduire l’incidence de ces maladies, offrant ainsi un espoir pour de nombreuses personnes à travers le monde.