Les compléments alimentaires au lithium, censés « stabiliser l’humeur » et « améliorer la mémoire », sont disponibles sur de nombreux sites de vente en ligne. Toutefois, leur vente est strictement interdite dans tous les pays de l’Union européenne, comme l’a souligné récemment l’Office fédéral de la protection des consommateurs et de la sécurité des aliments (BVL) d’Allemagne.
EN BREF
- Des compléments alimentaires au lithium sont en vente sur Internet, malgré leur interdiction.
- Le lithium, dangereux même en faible dose, ne doit pas être consommé sans avis médical.
- Le ministère de l’Agriculture rappelle que le lithium ne fait pas partie des nutriments autorisés.
Le lithium, présent naturellement dans certains aliments en faibles quantités, pose des risques importants pour la santé. La Pr. Gaby-Fleur Böl, présidente du BVL, a précisé que même une légère augmentation du taux de lithium peut avoir des conséquences graves. Cette mise en garde survient alors que de nombreux consommateurs semblent ignorer ces dangers, attirés par des promesses de bien-être.
Une enquête menée par le site 60 millions de consommateurs a révélé qu’il est facile de commander des gélules de lithium, souvent sous forme d’orotate, à des dosages variés (1, 5 ou 10 milligrammes par prise). Les sites de vente proviennent tant d’Amérique, d’Angleterre, d’Allemagne que de France, rendant l’accès à ces produits d’autant plus préoccupant.
Bien que certains vendeurs tentent de rassurer les acheteurs en ajoutant des avertissements tels que « réservé à l’adulte » ou « à utiliser après avis d’un médecin », ces mises en garde semblent insuffisantes. En effet, le lithium est formellement contre-indiqué pendant la grossesse, ce qui soulève des questions éthiques sur ces recommandations.
Par ailleurs, certains sites proposent de l’orotate de lithium en précisant qu’il s’agit d’un produit « réservé à un usage en laboratoire », tout en permettant son achat en un clic. Une pratique qui semble hypocrite et qui pourrait poser de sérieux problèmes en cas d’effets indésirables.
En France, l’Autorité de sécurité des aliments exige que les compléments alimentaires soient déclarés auprès de la Direction générale de l’alimentation. Cette déclaration nécessite de fournir des informations sur la composition, l’étiquetage et les avertissements associés. Le lithium ne figure pas sur la liste des nutriments autorisés, car il n’est pas considéré comme une substance normalement présente dans l’alimentation.
Bien que le lithium soit reconnu comme médicament pour réguler l’humeur, notamment dans le traitement des troubles bipolaires, il est uniquement délivré en pharmacie sur ordonnance. En revanche, les oligoéléments de lithium, qui sont également des médicaments, ne nécessitent pas d’ordonnance, même s’ils sont soumis à une autorisation de mise sur le marché. Ces produits, tels que le « Lithium Oligosol », sont généralement présentés en ampoules et sont indiqués pour des troubles légers, bien que leur efficacité n’ait pas été prouvée.
Face à cette situation préoccupante, les autorités sanitaires continuent de rappeler l’importance d’une vigilance accrue concernant la consommation de compléments alimentaires. La disponibilité de produits potentiellement dangereux sur Internet constitue un réel défi pour la santé publique.