Le 4 mai 2026, le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP) a enregistré une victoire éclatante lors des élections locales au Bengale occidental, un État qu’il ne contrôlait pas jusqu’alors. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a salué cette victoire record sur les réseaux sociaux, affirmant que la politique de bonne gouvernance du BJP avait triomphé.
EN BREF
- Le BJP remporte 206 des 294 sièges à l’assemblée législative du Bengale occidental.
- Mamata Banerjee accuse le BJP de manipulations électorales.
- Les résultats pourraient renforcer la position de Modi en vue des élections de 2029.
La Commission électorale a publié les résultats préliminaires dans un contexte de haute sécurité, alors que le dépouillement des votes se poursuivait. Le BJP, dirigé par Modi, a réussi à s’imposer face au All India Trinamool Congress (AITC) de Mamata Banerjee, qui gouvernait cet État depuis 2011. Cette campagne électorale a été marquée par des tensions croissantes, le BJP n’hésitant pas à déployer des stratégies agressives pour déloger l’actuelle cheffe de l’exécutif.
Une controverse majeure a entouré la radiation de près de neuf millions de personnes des listes électorales, considérées comme indûment inscrites. Le BJP a longtemps critiqué la présence de migrants musulmans en situation irrégulière, notamment ceux venus du Bangladesh, sur ces listes. Ce point a alimenté le débat et exacerbé les tensions entre les différents partis.
Dans son discours à New Delhi, Narendra Modi a appelé à l’apaisement, insistant sur le fait que cette victoire ne devrait pas mener à des sentiments de revanche, mais plutôt ouvrir la voie à un changement positif. À 75 ans, Modi, déjà à la tête de l’Inde depuis 2014, s’apprête à affronter de nouveaux défis, notamment économiques, alors qu’il se prépare pour les élections législatives de 2029.
Les célébrations des partisans du BJP à Calcutta ont été marquées par des chants de victoire et une ambiance festive, témoignant de l’enthousiasme autour de cette victoire. Cependant, la réponse de Mamata Banerjee n’a pas tardé, accusant le BJP d’avoir « pillés plus de 100 sièges » grâce à des manœuvres orchestrées en collusion avec la Commission électorale.
Pour l’analyste politique Sushila Ramaswamy, cette victoire du BJP au Bengale occidental est la preuve de l’efficacité de sa machine électorale, affirmant que cela confirme le parti comme le dominant sur la scène politique indienne. En outre, le BJP a également remporté le pouvoir dans l’État de l’Assam et dans le territoire côtier de Pondichéry, où il faisait partie d’une coalition.
Parallèlement à ces résultats, d’autres États ont également organisé des élections. Au Tamil Nadu, le ministre en chef M. K. Stalin a subi une défaite, son parti étant largement distancé par une nouvelle formation politique menée par l’acteur C. Joseph Vijay, un allié du BJP. Ce résultat témoigne d’un désir de renouvellement parmi les électeurs jeunes, comme l’indiquent les commentaires du politologue Ramu Manivannan.
Dans le Kerala, l’alliance dirigée par le parti du Congrès a réussi à évincer le gouvernement communiste en place, remportant 63 des 97 sièges, illustrant ainsi le dynamisme et les changements politiques en cours dans le pays.
Ces élections marquent un tournant significatif pour le BJP et pour Narendra Modi, dont la position pourrait être renforcée à l’approche des défis à venir, tant sur le plan politique qu’économique.