Ce samedi 23 mai 2026, la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence a prononcé une peine de 25 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Guillaume B., reconnu coupable de viols aggravés et d’actes de torture sur son ex-compagne, Laëtitia R. Cette décision judiciaire fait suite à sept années de violences physiques et psychologiques qu’a subies la victime.
EN BREF
- Guillaume B. condamné à 25 ans pour viols et tortures sur Laëtitia R.
- La victime a subi des violences pendant sept ans, incluant des actes de barbarie.
- Le procès a mis en lumière la souffrance et le courage de Laëtitia R.
Au cours des débats, qui se sont tenus pendant une semaine à Digne-les-Bains, les actes de violence infligés à Laëtitia ont été minutieusement détaillés. L’accusé, âgé de 51 ans, a reconnu plusieurs faits, mais a tenté de se défendre en évoquant un prétendu consentement. « Les faits ne sont pas contestés, la question c’est le consentement », a plaidé l’un de ses avocats, Me Arnaud Lucien.
Dans un moment poignant, Laëtitia a témoigné des abus qu’elle a subis, décrivant un cycle de viols et de tortures qui a érodé sa dignité et sa santé mentale. Elle a expliqué que dire « stop » entraînait des représailles encore plus sévères. « Je vivais dans la peur permanente », a-t-elle déclaré, évoquant la menace de la diffusion d’enregistrements intimes si elle tentait de quitter son compagnon.
Guillaume B. a exprimé des regrets tout en niant être l’« être monstrueux » qu’il était décrit lors du procès. La procureure, Malinka Eymond, a requis une peine de réclusion à perpétuité, évoquant le risque de récidive. « Votre décision déterminera ce que la société accepte qu’un être puisse faire à un autre demain », a-t-elle averti les jurés.
La défense, quant à elle, a jugé la peine requise comme disproportionnée, la qualifiant de réservée à des meurtriers. Me Charlotte Barriol, avocate de l’accusé, a tenté de minimiser la gravité des actes en soulignant que des échanges entre le couple pourraient démontrer un consentement. Cependant, la présidente du tribunal a rétorqué que les actes de violence ne peuvent pas être justifiés par un cadre sadomasochiste, surtout en l’absence de tout mécanisme de sécurité, comme un « safe word ».
Les représentantes d’un collectif féministe, présentes tout au long du procès pour soutenir Laëtitia, ont exprimé leur espoir qu’un verdict fort soit rendu. Laëtitia, aujourd’hui lourdement handicapée, a reçu un élan de solidarité de la part de nombreuses femmes qui, comme elle, ont subi des violences. Son combat a été inspiré par celui de Gisèle Pélicot, qui a bravement témoigné de son propre calvaire.
Les conséquences de ces années de souffrances sont désastreuses pour Laëtitia, qui souffre de séquelles physiques et psychologiques. Son avocat a précisé qu’elle ne peut mener une vie quotidienne normale, une réalité tragique pour cette mère de quatre enfants.
Ce procès a non seulement été un moment de justice pour Laëtitia R., mais il a également soulevé des questions cruciales sur la perception des violences faites aux femmes dans la société. L’issue de ce procès pourrait influencer la manière dont ces affaires sont traitées à l’avenir et la vigilance nécessaire pour protéger les victimes.