Violences sexistes et sexuelles : l’école doit renforcer son rôle de protection

La rentrée scolaire de cette année se veut marquée par une initiative essentielle : la détection des violences sexistes et sexuelles subies par les enfants et adolescents. Cette mesure, annoncée par le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, s’inscrit dans un contexte où la protection des mineurs est devenue une priorité absolue.

EN BREF

  • Un questionnaire sur les violences sexuelles sera distribué à plus de 11 millions d’élèves.
  • La Ciivise insiste sur la formation des personnels éducatifs et le renforcement de la médecine scolaire.
  • Des mesures doivent être mises en place pour protéger les enfants durant les enquêtes pénales.

Lors d’un entretien accordé à la presse régionale le 25 août, Édouard Geffray a évoqué l’intégration de questions relatives aux violences dans le questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire, une démarche qui vise à mieux identifier les victimes. La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a salué cette mesure, la qualifiant de « décision significative » permettant à l’école de devenir un espace de prévention et de protection pour les mineurs.

Le ministre a également souligné que les résultats de ce questionnaire, qui concernera un nombre impressionnant d’élèves, pourraient révéler l’ampleur du phénomène des violences sexuelles. « Un enfant sur dix est victime de violences sexuelles en France », a-t-il rappelé, tout en précisant que l’anonymat des réponses pourrait être levé si les mineurs souhaitent se confier à un adulte de confiance.

La Ciivise, tout en soutenant cette initiative, a insisté sur l’importance de l’accompagnement des victimes. Selon elle, il est impératif d’associer la libération de la parole à une écoute adaptée et à une mise en sécurité immédiate. L’institution a souligné la nécessité d’un parcours de soins approprié pour éviter d’exposer les enfants à un risque de surtraumatisme.

Pour atteindre ces objectifs, la Ciivise recommande une formation adéquate pour tout le personnel susceptible d’accueillir la parole des élèves. En outre, elle appelle à un renforcement de la médecine scolaire, jugée insuffisante avec un médecin pour 13 000 élèves et un infirmier pour 1 300 élèves.

Le dispositif de recueil de la parole doit également être adapté pour les plus jeunes ou les enfants handicapés, qui peuvent rencontrer des difficultés à s’exprimer par écrit ou via des supports numériques. La commission a également mis en avant la nécessité de protéger les enfants durant la durée des enquêtes pénales, demandant ainsi le développement de l’ordonnance de sûreté de l’enfant, qui permet d’extraire un mineur d’une situation dangereuse.

« Nous ne sommes pas là pour mettre en place des soins pour l’enfant. Nous, on recueille la parole et on oriente les enfants vers des psychologues, tout en signalant à la justice », a précisé Édouard Geffray. Il a également annoncé qu’un bilan sera effectué au printemps concernant la part d’élèves ayant répondu au questionnaire.

La Ciivise se réjouit de ce tournant institutionnel et assure qu’elle suivra de près l’élaboration et l’évaluation de ce nouveau dispositif. En 2025, l’Éducation nationale avait enregistré 88 000 signalements pour violences sexuelles ou défaillances parentales, un chiffre révélateur de l’ampleur de la problématique.

Ce nouvel engagement de l’école est un pas important vers la protection des enfants et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. L’enjeu est de taille, car il s’agit non seulement de prévenir ces violences, mais également de garantir aux victimes un environnement sûr et protecteur.