Violences sexuelles : Anne-Cécile Mailfert appelle à une réforme judiciaire urgente

Alors que les violences sexistes et sexuelles continuent de secouer la société française, Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, a exprimé sa nécessité d’une réforme en profondeur du système judiciaire. Lors d’une intervention sur RMC le 7 septembre, elle a dénoncé l’inefficacité des politiques actuelles, affirmant que les réponses ne pouvaient se limiter à de simples annonces.

EN BREF

  • Anne-Cécile Mailfert appelle à une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.
  • Elle dénonce le chiffre de 85.000 dossiers de violences sexuelles sur mineurs, considérés comme des victimes réelles.
  • Un rassemblement est prévu le 7 septembre à Paris pour soutenir cette réforme.

Dans son discours, Mailfert a clairement affirmé : “Il y en a marre des coups de com’ à deux balles. Nous, on veut que la vie des femmes et des enfants change”. Sa proposition phare est la création d’une loi intégrale, qui viserait à renforcer les dispositifs de prévention et à établir une justice spécialisée pour mieux protéger les victimes.

Une des mesures qu’elle souhaite voir incluse concerne la mise en place d’un entretien annuel pour chaque enfant. Cela permettrait non seulement de détecter plus efficacement les violences, mais aussi d’envoyer un message fort aux pédocriminels. “Leur dire que nos enfants comptent, ça ne restera pas impuni”, a-t-elle déclaré.

Mailfert a également insisté sur l’importance d’accorder plus de protections aux victimes et à leurs familles. Elle a évoqué des dispositifs tels que l’octroi d’arrêts de travail pour les parents souhaitant accompagner leurs enfants victimes de violences.

La présidente de la Fondation des femmes a réagi aux déclarations du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui avait indiqué que 85.047 procédures pour violences sexuelles sur mineurs avaient été recensées. Pour Mailfert, ces chiffres cachent des réalités tragiques. “85.000 dossiers fantômes, ce n’est pas des enfants fantômes ou des violeurs fantômes”, a-t-elle martelé, soulignant que ces chiffres correspondent à des enfants réellement victimes.

Elle a également fait référence à des affaires marquantes, comme celle de Lyhanna, dont le décès a révélé des défaillances dans le suivi judiciaire. Mailfert a salué le combat des familles des victimes, notamment celui de la mère de Rosa, une autre enfant victime, qui a tenté de faire avancer son dossier sans succès. “On l’a accusée de harcèlement, elle appelait tous les lundis le commissariat”, a-t-elle rappelé, appelant à la solidarité face à ce système qu’elle qualifie de scandaleux.

Dans ses critiques, Mailfert a demandé une transformation radicale de la réponse judiciaire. “La société, mais surtout les politiques ne prennent pas la mesure du scandale”, a-t-elle affirmé, suggérant qu’il est impératif d’investir trois milliards d’euros dans la justice pour permettre des enquêtes efficaces et des procès de qualité.

La présidente a également souligné l’importance de la prévention, en appelant à une réforme structurelle qui inclurait des mesures éducatives et préventives. “Pour ça, on a besoin de prévention et d’une réforme en profondeur de la justice”, a-t-elle insisté.

Pour soutenir sa cause, Mailfert a annoncé des mobilisations à travers le pays, avec un rassemblement prévu à 19h ce lundi place Vendôme à Paris. Elle encourage une mobilisation collective dans les villes et villages pour faire entendre la voix des victimes et de leurs familles.

Il est temps, selon elle, d’agir de manière concrète et efficace pour protéger les femmes et les enfants de ces violences insupportables.