Violences sexuelles dans l’Église : Arnaud Gallais exige une reconnaissance du pape comme crime

Ce dimanche, sur RMC, Arnaud Gallais, président de l’association Mouv’enfants, a appelé le pape Léon XIV à reconnaître les violences sexuelles au sein de l’Église comme un « crime contre l’humanité ». Ce plaidoyer intervient alors que le souverain pontife doit rencontrer à Lourdes sept victimes de ces abus, dans un contexte où l’on estime à 330.000 le nombre d’enfants touchés depuis 1950.

EN BREF

  • Arnaud Gallais appelle le pape à reconnaître les violences sexuelles comme un crime contre l’humanité.
  • Le pape Léon XIV rencontrera sept victimes à Lourdes.
  • 330.000 victimes mineures sont estimées depuis 1950 en France.

Lors de son intervention, Gallais a souligné le contraste entre le nombre de victimes et le faible nombre de personnes rencontrées par le pape. « Quand on parle de 13 enfants par jour en 70 ans, sept victimes rencontrées… je ne sais pas si cela suffit », a-t-il déclaré. Depuis son arrivée en France, le pape n’a pas encore pris la parole à ce sujet, malgré la gravité des accusations. En juin, lors d’une visite en Espagne, il avait qualifié ce fléau de « véritable épidémie », appelant à la vérité, à la justice et à la réparation.

Gallais a également exprimé sa déception envers le président de la République, Emmanuel Macron, qu’il juge « mou » dans son soutien aux victimes. Selon lui, Macron aurait dû être présent lors de la rencontre entre le pape et les victimes. « La France est complice, elle devrait agir en tant qu’État de droit », a-t-il ajouté, évoquant la déportation de 2.000 enfants vers des « homes amérindiens » en Guyane, un sujet qui semble également préoccupant pour Gallais.

Face à un système qu’il décrit comme « dysfonctionnel », Gallais a insisté sur la nécessité pour l’Église d’être jugée par la justice, plutôt que par des commissions parallèles, qu’il qualifie de « justices de seconde zone ». Ayant lui-même été victime d’abus pendant son enfance, Gallais a reçu 60.000 euros de réparation, une somme qu’il remet en question, la qualifiant de « viol tarifé ». Il réclame une « justice transitionnelle », semblable à celle préconisée par l’ONU dans certains pays, avec des piliers de vérité, de justice et de réparation.

Parmi les victimes qui rencontreront le pape figure un ancien élève de l’institution Notre-Dame de Bétharram. Cependant, l’absence de représentants de collectifs de victimes a suscité des critiques. Ces derniers dénoncent une « mascarade » et un manque de concertation. Gallais, qui avait également demandé une audience avec le pape, n’a pas été reçu.

Cette rencontre a lieu le lendemain d’une messe en plein air sur la place de la Concorde à Paris, un lieu que Gallais juge inapproprié pour un pape devant répondre de crimes d’une telle gravité. « On déplie le tapis rouge… La plus belle avenue du monde ne peut pas être réservée à quelqu’un qui doit rendre des comptes face à des crimes d’une telle ampleur », a-t-il déploré.

Gallais a exprimé son souhait que le pape reconnaisse non seulement les violences individuelles, mais également le caractère systémique des abus au sein de l’Église. Sa déclaration résonne comme un appel à une prise de conscience collective sur ce sujet sensible et crucial.