Violents affrontements au Mali entre l’armée et des groupes jihadistes

Des combats d’une ampleur inédite font rage autour de la capitale malienne, Bamako, ainsi que dans plusieurs autres villes du pays. Ce samedi 25 avril, l’armée malienne s’est engagée dans une lutte acharnée contre des « groupes terroristes », en particulier la rébellion touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA), qui a mené des attaques coordonnées contre les forces gouvernementales. Cette escalade des violences constitue l’une des plus sérieuses menaces à la junte au pouvoir depuis plusieurs années.

EN BREF

  • Des combats intenses entre l’armée malienne et des groupes jihadistes ont éclaté.
  • Le FLA revendique des victoires significatives dans le nord du pays.
  • L’Union africaine condamne fermement ces attaques et leurs conséquences sur la population civile.

Ce regain de violence survient alors que le Mali, dirigé par une junte militaire depuis des coups d’État en 2020 et 2021, est en proie à des conflits persistants et à des violences jihadistes depuis plus d’une décennie. Charlie Werb, analyste au sein du cabinet Aldebaran Threat Consultants, a souligné l’ampleur de cette offensive, la qualifiant de « vaste » et « coordonnée », un phénomène qui n’avait pas été observé depuis 2012, lorsque le gouvernement avait perdu le contrôle de la moitié du pays.

Les affrontements ont débuté à l’aube et se poursuivaient intensément au cours de l’après-midi, notamment en périphérie de Bamako et à Kidal, une ville emblématique pour les groupes armés indépendantistes. Le FLA a revendiqué avoir pris le contrôle de plusieurs zones stratégiques, notamment à Gao, et a affirmé, via son porte-parole, que ses forces continuaient de progresser dans la ville de Kidal.

Ce dernier bastion avait été repris par l’armée malienne en novembre 2023, avec l’appui de combattants du groupe paramilitaire russe Wagner, mettant fin à une décennie de domination rebelle. Les combats actuels témoignent d’un retour en force de la rébellion touareg, qui semble avoir trouvé un nouvel élan dans ses opérations.

Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont également revendiqué leur implication dans ces attaques, se réjouissant d’une « victoire » qu’ils attribuent à une coordination efficace avec leurs « partenaires » du FLA. Dans un communiqué, le JNIM a exprimé sa détermination à poursuivre ses actions, en affirmant avoir mené des opérations contre des cibles stratégiques, notamment le siège du président malien, Assimi Goïta, et d’autres installations militaires.

La réaction internationale s’est fait sentir, l’Union africaine condamnant ces attaques, qui exposent les civils à des dangers considérables. L’organisation a appelé à un cessez-le-feu et à la protection des populations vulnérables dans la région. L’armée malienne, de son côté, a affirmé que la situation était sous contrôle, malgré les tirs toujours entendus dans plusieurs zones de conflit, et a annoncé la neutralisation de plusieurs assaillants.

Hasret Kargın, chercheur au cabinet d’intelligence Mintel World, a mis en garde sur les difficultés auxquelles l’armée malienne pourrait faire face pour reprendre des villes stratégiques sans un soutien aérien militaire. Il a souligné que l’appui aérien serait déterminant pour les deux camps dans cette lutte pour le contrôle des territoires.

Le Mali, déjà affaibli par une crise sécuritaire persistante, doit faire face à une situation de plus en plus complexe avec l’intensification des conflits entre groupes jihadistes, forces gouvernementales et mouvements indépendantistes. Cette spirale de violence témoigne d’une instabilité qui perdure et qui rend la recherche d’une paix durable dans le pays d’autant plus difficile.