Violents affrontements au Mali : l’armée face à des groupes terroristes à Kidal

Ce samedi, des combats intenses secouent le Mali, notamment en périphérie de la capitale, Bamako, où l’armée malienne se confronte à des groupes terroristes. Dans un communiqué, les autorités militaires ont confirmé que des assauts avaient été menés par des éléments armés non identifiés, visant des installations militaires dans plusieurs villes du pays.

EN BREF

  • Des combats entre l’armée malienne et des groupes terroristes se poursuivent.
  • Le Front de Libération de l’Azawad a revendiqué la prise de Kidal.
  • La situation sécuritaire se dégrade, avec des craintes concernant des responsables militaires.

À la mi-journée, le Front de Libération de l’Azawad (FLA), un groupe rebelle touareg, a annoncé avoir conquis la ville stratégique de Kidal, qui était jusqu’alors contrôlée par les forces maliennes et des militaires russes. Selon le groupe, cette victoire est le résultat d’une offensive surprise.

« Des groupes armés terroristes ont ciblé plusieurs points stratégiques à Bamako et dans d’autres localités », a précisé l’armée dans son communiqué. Malgré la situation tendue, les forces de défense ont affirmé que les assaillants étaient sous contrôle, bien que des détonations continuent d’être entendues sporadiquement.

Les témoins rapportent que les rues de Bamako sont presque désertes, et des explosions retentissent depuis le matin. Des bruits de tirs ont également été signalés près de la base 101 de Senou, à proximité de l’aéroport, amplifiant les craintes de la population. Pendant ce temps, des hélicoptères militaires survolent la ville, témoignant de l’ampleur des opérations en cours.

Il convient de rappeler qu’en septembre 2024, le groupe djihadiste Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM) avait déjà frappé durement, revendiquant une double attaque qui avait causé la mort de plus de 70 personnes et blessé 200 autres. Cette escalade actuelle des violences ravive des souvenirs douloureux pour la population, encore marquée par les troubles des années précédentes.

Sur le terrain, la situation est particulièrement préoccupante. À Kati, ville voisine de Bamako et siège de la résidence du chef de la junte, des explosions ont été rapportées, créant un climat de panique. Les rumeurs sur le sort de plusieurs responsables militaires, dont le ministre de la Défense, le général Sadio Camara, alimentent les spéculations. Des témoins ont signalé une forte explosion à proximité de sa résidence, bien que son entourage ait démenti les informations sur d’éventuelles blessures.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des maisons endommagées par les explosions, témoignant des impacts directes sur la vie quotidienne des habitants. « À Kati, nous restons cachés chez nous », a confié un résident, soulignant l’atmosphère de peur qui règne.

Les tensions ne se limitent pas à Bamako. Des tirs ont également été entendus à Gao, la plus grande ville du nord du Mali, ainsi qu’à Kidal et Sévaré. Face à ces violences croissantes, l’ambassade des États-Unis à Bamako et l’ONU ont recommandé à leurs employés de rester chez eux et d’éviter tout déplacement non indispensable.

Cette offensive coordonnée, jugée sans précédent depuis 2012, souligne la dégradation de la sécurité au Mali, aggravée par les actions de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Le pays, sous le contrôle d’une junte militaire depuis des coups d’État successifs, continue de faire face à une crise sécuritaire profonde, exacerbée par des luttes internes et des rivalités communautaires.

Le groupe Wagner, qui avait soutenu l’État malien dans sa lutte contre le djihadisme, a annoncé la cessation de sa mission en juin 2025. Désormais rebaptisé Africa Corps, ce groupe opère sous le contrôle du ministère russe de la Défense. Pour aggraver la situation, le Sahel est devenu le centre névralgique du terrorisme, représentant près de la moitié des décès liés à ces violences à l’échelle mondiale.

La situation au Mali, marquée par des affrontements violents, nécessite une attention internationale accrue pour prévenir une escalade qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour la population civile.