Le Mondial de l’auto 2026 a débuté ce lundi 12 octobre à Paris, dans un contexte difficile pour l’industrie automobile européenne. Les voitures chinoises, notamment celles des marques BYD et Xpeng, séduisent de plus en plus de consommateurs grâce à leurs prix compétitifs et leurs performances en matière d’électrification. La menace est d’autant plus pressante que ces véhicules pourraient bientôt être partiellement fabriqués sur le sol européen.
EN BREF
- Les voitures électriques chinoises gagnent en popularité sur le marché européen.
- Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, souligne l’importance de la production locale.
- Des préoccupations subsistent concernant la sécurité des véhicules connectés chinois.
Face à cette concurrence accrue, Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, a tenu à rassurer les acteurs du secteur lors de son intervention sur le plateau d’Apolline Matin, le 13 octobre. Il a rappelé que 42 % des nouvelles immatriculations en septembre dernier étaient des voitures électriques, et que parmi les dix modèles les plus vendus en France, sept étaient de marque française. Ces chiffres montrent que l’industrie locale se défend bien contre l’invasion des modèles asiatiques.
Le ministre a reconnu un retard de l’industrie française en matière de technologie électrique par rapport à la Chine, mais il reste optimiste quant aux efforts de rattrapage. Il a cité des modèles prometteurs comme la nouvelle 2CV, ainsi que la Twingo, le Scénic et la R5 électrique, qui rencontrent un franc succès sur le marché.
En parallèle, des initiatives se mettent en place avec l’implantation d’une usine de batteries de BYD en Hongrie, tandis que LippMotors collabore avec Stellantis pour assembler ses véhicules en Europe. Martin a également souligné la présence historique des Européens en Chine, où ils ont établi des usines. Cependant, le ministre a mis en avant la nécessité de produire plus localement : « Aujourd’hui, il faut qu’on produise en Europe », a-t-il précisé.
Une question délicate reste en suspens : celle de la taxation des véhicules chinois. Alors que les voitures chinoises conservent des prix très attractifs en France, Sébastien Martin a évoqué la possibilité d’augmenter les taxes sur ces véhicules pour protéger l’industrie européenne. Cela suscite des inquiétudes chez certains consommateurs, notamment ceux qui peinent à voir la valeur des véhicules européens, souvent plus chers. Un gestionnaire de site de e-commerce en Charente a exprimé son mécontentement à ce sujet, soulignant qu’un véhicule électrique chinois bien équipé pourrait être plus abordable. Martin a répondu en citant des exemples de modèles français compétitifs, comme la R5 électrique, dont le prix commence à 21 000 euros, plus bas que certaines offres chinoises.
Le ministre a aussi mis en lumière le problème du dumping et de la concurrence déloyale, en évoquant les subventions massives dont bénéficient les fabricants chinois. « Une usine en Chine, elle est subventionnée à 90 % », a-t-il déclaré. Ce constat soulève des questions sur l’équité des conditions de marché.
Enfin, un aspect préoccupant des voitures connectées chinoises concerne les risques de piratage et d’attaques informatiques. En effet, la France a récemment été victime d’une attaque massive ciblant des appareils connectés. « L’industrie, c’est de la souveraineté, on a plutôt intérêt à ne pas avoir de véhicules qui pourraient être commandés depuis la Chine », a averti Martin, tout en rassurant sur la capacité de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) à protéger les infrastructures essentielles.
Dans ce contexte d’incertitude, la vigilance est de mise pour assurer la sécurité des consommateurs tout en soutenant une industrie automobile européenne en pleine mutation.