Vol flydubai : des passagers israéliens s’opposent à l’équipage après une prise d’otage

Un vol de la compagnie aérienne flydubai a été le théâtre d’une prise d’otage inattendue, mettant en lumière le courage des passagers face à une situation d’extrême danger. L’incident s’est produit alors que l’appareil, au retour d’un voyage au Japon, était en plein vol. Ce récit, rapporté par le New York Post, révèle les événements chaotiques qui ont suivi l’attaque d’un copilote armé d’une hache d’urgence.

EN BREF

  • Un copilote a attaqué le commandant avec une hache, entraînant une lutte pour le contrôle de l’appareil.
  • Des passagers israéliens ont refusé de libérer l’agresseur malgré les demandes de l’équipage.
  • Le vol a finalement atterri en sécurité à Tabuk, en Arabie saoudite, après une descente vertigineuse.

Tout débute lorsque Tzvika Manes, un banquier d’affaires de 40 ans, voyage avec sa famille à bord du vol flydubai. À un moment donné, le copilote, identifié comme Hamam al-Hammami, frappe le commandant, Smit Machchhar, avec une hache, déclenchant la panique parmi les passagers. Le commandant, bien que blessé, parvient à ouvrir la porte du cockpit, permettant à Manes, ainsi qu’à d’autres passagers, de se précipiter pour maîtriser l’agresseur.

Face à cette situation inédite, Manes témoigne que la peur pour la vie de ses filles a agi comme un puissant moteur. « C’était combattre ou fuir », explique-t-il. Les passagers, déterminés à protéger leur vie et celle des autres, s’engagent dans une lutte physique avec le copilote. Les témoignages évoquent des coups échangés dans une ambiance de tension extrême, où chacun se bat pour sa survie.

Alors que l’avion plonge de 17 000 pieds, un autre passager, Daniel Schlichter, évoque la terreur qui a envahi l’appareil. « C’était la minute la plus longue de ma vie », déclare-t-il, se remémorant des pensées qui l’ont traversé, de ses enfants aux événements tragiques du 11 septembre. Pendant ce temps, Hayoun, un plombier, utilise des techniques apprises à la télévision pour stabiliser l’avion, une action qui semble presque incroyable, mais qui est soutenue par les autres témoins.

Après avoir maîtrisé le copilote, les passagers se retrouvent confrontés à un autre défi : des membres de l’équipage exigent que l’agresseur soit libéré. Manes raconte : « Ils nous demandaient de détacher le terroriste, sans que nous comprenions pourquoi. » Ce moment de méfiance exacerbe la tension à bord, les passagers ayant des doutes sur les intentions de l’équipage. Ils refusent catégoriquement de céder, persuadés qu’il est primordial de garder le suspect sous contrôle.

« Nous ne voulions pas le tuer, nous voulions juste qu’il ne nous tue pas », répond Manes à l’équipage. Ils prennent alors la décision de maintenir le contrôle de la situation. En escortant les membres d’équipage loin du cockpit, ils affirment leur autorité, une dynamique rarement observée dans un avion commercial.

Finalement, des pilotes de réserve prennent le contrôle de l’appareil pendant que les passagers s’occupent des membres de l’équipage, leur apportant couvertures et eau. Bien que l’équipage ne soit pas accusé de complicité avec le copilote, cette situation a mis en lumière des comportements inhabituels au sein de l’équipage.

L’atterrissage à Tabuk, en Arabie saoudite, est un moment de soulagement. Manes prend dans ses bras ses filles, les qualifiant d’héroïnes pour leur bravoure face à la peur. Alors que l’adrénaline retombe, les passagers se rendent compte de l’ampleur du traumatisme vécu, certains refusant de reprendre l’avion vers Israël sans avoir la certitude que les pilotes ont été blanchis.

Ce récit, marqué par le courage et l’instinct de survie, soulève des interrogations sur la confiance à bord des avions. La situation souligne également la fragilité de la sécurité aérienne, où un incident peut rapidement dégénérer en drame. Au-delà des événements, les passagers se remémorent un miracle, illustrant à quel point leur vie a été préservée dans des circonstances extrêmes.

Alors que les autorités continuent d’enquêter sur cette affaire, des questions subsistent sur le comportement de l’équipage. Le témoignage de ces passagers témoigne de la complexité des dynamiques humaines au cœur d’une crise. Dans un monde où la sécurité aérienne est souvent perçue comme acquise, cette expérience rappelle que tout peut basculer en un instant.