Le vendredi 18 mars 2026, la Bourse de New York a connu une nouvelle journée difficile, marquée par une forte baisse des indices, conséquence directe des inquiétudes suscitées par le prolongement du conflit au Moyen-Orient. Les investisseurs redoutent les effets de cette guerre sur l’inflation et la croissance économique, tant aux États-Unis qu’à l’échelle mondiale.
EN BREF
- La Bourse de New York a enregistré une baisse significative le 18 mars.
- Le conflit au Moyen-Orient alimente des craintes sur l’inflation et la croissance économique.
- Le secteur technologique est particulièrement touché par cette situation.
Les indices boursiers ont terminé la séance sur une note négative, avec le Dow Jones perdant 1,73 % et l’indice S&P 500 chutant de 1,67 %. Toutefois, c’est le Nasdaq, à forte composante technologique, qui a subi la plus forte baisse, s’effondrant de 2,15 %. Cette tendance baissière a placé le Nasdaq en correction, ayant désormais perdu plus de 10 % par rapport à son pic atteint fin octobre.
Les inquiétudes concernant le conflit en cours, qui entre dans son deuxième mois, exacerbent la nervosité des investisseurs, en particulier en raison de la flambée des cours du pétrole. Le prix du WTI, l’indice de référence pour le pétrole américain, approche de nouveau les 100 dollars, un seuil qui pourrait avoir des répercussions significatives sur l’économie mondiale. Angelo Kourkafas, analyste chez Edward Jones, souligne que cette situation pourrait avoir un impact plus important que prévu sur la croissance et l’inflation.
Dans le cadre de cette aversion au risque, le marché obligataire n’a pas profité de la situation, les investisseurs s’interrogeant sur une éventuelle accélération de l’inflation et un éventuel durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Le rendement des obligations d’État américaines à 10 ans a encore augmenté, atteignant 4,48 %, contre 4,42 % la veille. Cette hausse des taux d’intérêt pèse particulièrement sur les secteurs de croissance, notamment la technologie, rendant leurs bénéfices futurs moins attractifs.
Les grandes entreprises technologiques, telles qu’Amazon, Nvidia et Tesla, ont vu leurs capitalisations boursières chuter, avec des baisses respectives de 4,02 %, 2,17 % et 2,76 %. De plus, Meta a également subi une forte pression après avoir été condamné dans deux affaires liées à ses réseaux sociaux, ce qui a contribué à faire chuter son action de 4,02 %. Les répercussions de ces jugements ont également eu des effets d’entraînement sur d’autres réseaux sociaux comme Reddit et Snap, qui ont vu leurs actions respectivement dégringoler de 4,26 % et 3,93 %.
Dans le secteur technologique, des sociétés de cybersécurité ont été touchées par une fuite d’informations concernant un nouveau modèle d’intelligence artificielle d’Anthropic. Ce modèle, qui présente des capacités avancées en matière de cybersécurité, pourrait créer de nouvelles vulnérabilités, entraînant une chute des actions de Crowdstrike, Palo Alto et Fortinet, respectivement de 5,87 %, 5,97 % et 3,49 %.
À l’inverse, le groupe américain Brown-Forman, propriétaire de marques reconnues telles que le whisky Jack Daniel’s, a enregistré une belle performance avec une hausse de 5,63 %. Ce regain d’intérêt est en grande partie attribué à des discussions de fusion avec le français Pernod Ricard. De son côté, le marché des minières a également bénéficié du redressement des prix de l’or et de l’argent, avec des entreprises comme Coeur Mining et Aura Minerals affichant des gains respectifs de 5,94 % et 5,73 %.
Le secteur des cryptomonnaies a, quant à lui, subi des revers, notamment après un nouveau repli du bitcoin. La plateforme d’échanges Coinbase a vu son action chuter de 7,06 %, tandis que sa rivale Robinhood a enregistré une baisse de 6,15 %. Ces mouvements de marché illustrent bien la volatilité actuelle, exacerbée par des craintes d’une inflation persistante et d’une instabilité géopolitique croissante.
Dans ce contexte, les investisseurs devront continuer à naviguer dans des eaux troubles alors que la guerre au Moyen-Orient se prolonge, et que ses conséquences économiques commencent à se faire sentir dans divers secteurs.