Alors que les États-Unis et l’Iran sont sur le point de formaliser, ce vendredi 19 juin, un protocole d’accord visant à mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, Washington a rendu public, ce mercredi 17 juin, le texte convenu avec Téhéran. Les médias américains, notamment Bloomberg et CNN, ont eu accès au document complet.
EN BREF
- Les États-Unis et l’Iran signent un protocole d’accord pour mettre fin au conflit.
- Ce protocole évoque des engagements sur le nucléaire iranien et la réouverture du détroit d’Ormuz.
- Un accord final doit être conclu dans les 60 jours suivant la signature.
Le texte officiel, selon CNN, présente des similarités avec des variations mineures dans la formulation et inclut une « méthodologie minimale » pour neutraliser le stock d’uranium enrichi iranien. Le protocole d’accord se compose de 14 points essentiels, dont la réouverture du détroit d’Ormuz et les enjeux liés au programme nucléaire iranien.
Le premier point souligne l’engagement des deux nations à mettre fin immédiatement et définitivement aux opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban. Par ailleurs, le second point stipule que les États-Unis et l’Iran doivent respecter mutuellement leur souveraineté et leur intégrité territoriale, sans ingérence dans les affaires intérieures de chacun.
Le texte précise également un engagement à conclure un « accord final » dans un délai maximal de 60 jours. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a déclaré que les premières discussions pour cet accord final devraient avoir lieu rapidement après la signature du protocole.
Les enjeux de la paix régionale
Les implications de la fin des hostilités en Iran sont largement abordées dans le document. Dès la signature du protocole, les États-Unis s’engagent à lever le blocus naval dans un délai de 30 jours, tandis que l’Iran devra garantir le libre passage des navires commerciaux pendant 60 jours entre le golfe Persique et la mer d’Oman. Les forces américaines pourront, de leur côté, se retirer des environs de l’Iran dans les 30 jours suivant la conclusion de l’accord final.
Le texte affirme également que le trafic maritime reprendra immédiatement. Toutefois, pour assurer cette reprise, des opérations de déminage devront être mises en œuvre par l’Iran dans les 30 jours suivant la signature. La question du détroit d’Ormuz, crucial pour le commerce maritime, revêt ainsi une importance primordiale.
Engagement sur le nucléaire et sanctions
Concernant le programme nucléaire, le protocole stipule que l’Iran ne se procurera ni ne développera d’armes nucléaires. Pour les détails restants, un accord définitif devra être négocié ultérieurement. Les deux pays se sont engagés à discuter d’un mécanisme de traitement des stocks d’uranium enrichi, en utilisant notamment une méthode de dilution sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
En parallèle, le texte prévoit que les États-Unis s’engagent à mettre fin à toutes les sanctions visant l’Iran, y compris celles imposées par le conseil des gouverneurs de l’AIEA, selon un calendrier à définir dans le cadre de l’accord final. En attendant, le statu quo sera maintenu, permettant à l’Iran de conserver son programme nucléaire dans son état actuel, sans nouvelles sanctions américaines.
Les États-Unis s’engagent également à faciliter le déblocage d’un fonds de 300 milliards de dollars destiné à la reconstruction et au développement économique de l’Iran, sous réserve de l’accord final. Par ailleurs, Téhéran sera autorisé à reprendre ses ventes de pétrole immédiatement après la signature du protocole.
Enfin, le texte précise que l’accord final devra être approuvé par une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies. Cependant, le projet n’aborde pas spécifiquement la question du Liban ou les préoccupations du peuple iranien, laissant ces enjeux en suspens.