Xi Jinping convie la cheffe de l’opposition taïwanaise à une visite en Chine en avril

Le président chinois Xi Jinping a récemment proposé à Cheng Li-wun, cheffe du Kuomintang (KMT), le principal parti d’opposition à Taïwan, de se rendre en Chine avec une délégation en avril. Cette invitation, bien que bien accueillie par Mme Cheng, pourrait avoir des conséquences politiques pour elle.

EN BREF

  • Xi Jinping invite Cheng Li-wun à visiter la Chine en avril avec une délégation.
  • Le KMT espère renforcer les relations pacifiques entre Taïwan et la Chine.
  • Des tensions politiques internes au KMT pourraient surgir avant les élections locales.

Dans un communiqué publié lundi, le KMT a exprimé l’espoir que cette rencontre favorisera le développement pacifique des relations entre Taïwan et la Chine, en mettant en avant l’importance des échanges et de la coopération pour le bien-être des populations des deux côtés du détroit. Cependant, des précisions sur les détails de la visite, notamment le lieu ou la possibilité d’une rencontre directe avec Xi Jinping, n’ont pas été fournies.

Historiquement, le KMT a été un fervent défenseur d’une approche plus collaborative avec la Chine, qui revendique Taïwan comme une partie intégrante de son territoire. Malgré cela, certains membres du KMT craignent que cette initiative n’entraîne des répercussions négatives lors des élections locales prévues en novembre. Ces craintes sont alimentées par les accusations du Parti démocrate progressiste (DPP), dirigé par le président Lai Ching-te, qui reproche à Mme Cheng de privilégier les intérêts de Pékin.

Actuellement, le parlement taïwanais est en pleine discussion sur un budget de défense spécial visant à renforcer les capacités militaires de l’île. Le gouvernement de M. Lai propose un budget de 1.250 milliards de Nouveaux dollars de Taïwan, soit environ 34 milliards d’euros, pour des acquisitions jugées essentielles, notamment d’armements américains. En revanche, le KMT plaide pour un budget limité à 380 milliards de Nouveaux dollars de Taïwan, suggérant que des acquisitions ultérieures pourraient être envisagées.

Le sénateur républicain américain John Curtis, en visite à Taipei, a souligné l’importance de cet investissement militaire, précisant que les États-Unis souhaitent que Taïwan participe également à cet effort pour assurer la sécurité dans la région.

Lors d’une récente conférence de presse, Mme Cheng a qualifié une éventuelle rencontre avec Xi Jinping d’« importante sur le plan symbolique », évoquant la possibilité de poser des jalons pour des relations pacifiques entre Taïwan et la Chine. Elle a cependant averti que « une seule rencontre ne suffira pas à résoudre tous les problèmes accumulés depuis près d’un siècle », tout en exprimant son désir d’établir des relations constructives.

Bien que Mme Cheng soutienne le renforcement des capacités de défense, elle a également insisté sur le fait qu’une augmentation des dépenses militaires seule ne suffira pas à établir la paix avec la Chine. « Des efforts politiques sont tout aussi nécessaires », a-t-elle affirmé.

Les relations entre la Chine et Taïwan se sont considérablement détériorées depuis 2016, lorsque le DPP est arrivé au pouvoir, entraînant une rupture des communications de haut niveau. Les dirigeants chinois ont souvent critiqué M. Lai, le qualifiant de « séparatiste ». Bien que Taïwan se considère comme une nation souveraine, le gouvernement n’a jamais formellement déclaré son indépendance, une démarche considérée par la Chine comme une ligne rouge. Les dirigeants taïwanais actuels affirment cependant que Taïwan est déjà un pays souverain et indépendant, sans nécessité d’une déclaration formelle.

Dans ce contexte, l’invitation de Xi Jinping à Cheng Li-wun pourrait être perçue comme une manœuvre diplomatique visant à influencer les dynamiques politiques à Taïwan, alors que le pays se prépare à des élections cruciales.