Yaël Braun-Pivet évoque son échange tendu avec Emmanuel Macron sur la dissolution de l’Assemblée

Lors d’une réunion au palais de l’Élysée le 9 juin 2024, Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a vécu un moment particulièrement intense suite à une annonce inattendue d’Emmanuel Macron. Ce dernier a révélé son intention de dissoudre l’Assemblée nationale, provoquant une réaction immédiate de la part de la ministre.

EN BREF

  • Yaël Braun-Pivet a vivement réagi à l’annonce de dissolution de l’Assemblée par Macron.
  • Elle a rappelé à Macron son obligation constitutionnelle de la consulter.
  • Cette tension a marqué un moment mémorable dans sa carrière politique.

Dans le cadre du podcast Génération Do It Yourself diffusé récemment, Yaël Braun-Pivet a partagé son expérience personnelle et professionnelle, mettant en lumière les défis rencontrés en tant que femme dans un monde politique souvent perçu comme fermé. En évoquant une réunion qui a eu lieu le 8 juin 2024, elle a raconté comment elle a été conviée à un dîner d’État en l’honneur du président américain Joe Biden, une invitation qui l’a surprise et réjouie.

« J’ai pensé, enfin, je fais partie du club », a-t-elle déclaré, exprimant une certaine naïveté face à cette reconnaissance tardive. Cette invitation l’a conduite à participer à une réunion cruciale le lendemain soir, où Emmanuel Macron a fait une annonce qui allait bouleverser le paysage politique français.

« Il nous annonce qu’il dissout. Interdiction de rire. C’est comme ça que je l’apprends », a confié Braun-Pivet, visiblement encore sous le choc de cette révélation. La présidente de l’Assemblée a exprimé son indignation face à cette situation, se rappelant avoir interpellé le président sur la nécessité de respecter la Constitution. « Je lui ai dit : “La Constitution vous impose de consulter la présidente de l’Assemblée nationale que je suis”. » Cette affirmation a suscité une réaction immédiate de Macron, qui a tenté de justifier sa démarche, mais la tension était palpable.

« Non, ça n’est pas la consultation prévue par la Constitution », a-t-elle insisté, refusant de se laisser intimider. Yaël Braun-Pivet a alors réaffirmé son engagement envers les institutions et le bon fonctionnement de la démocratie française. Ce moment de confrontation a été déterminant pour elle, symbolisant non seulement un désaccord sur une question politique, mais aussi une prise de position forte en tant que femme à la tête de l’Assemblée.

À l’issue de cette discussion, Emmanuel Macron a proposé à Braun-Pivet de poursuivre la conversation dans les jardins de l’Élysée. Bien qu’elle ait eu l’opportunité d’exposer ses arguments, la décision du président était déjà prise. « C’est l’un des regrets que j’ai. J’aurais tellement aimé qu’il me consulte avant », a-t-elle conclu, partageant un sentiment de frustration face à ce manque de dialogue.

Cette expérience a renforcé son engagement en faveur d’une représentation plus équitable et d’un respect des procédures démocratiques. En tant que première femme à occuper le poste de présidente de l’Assemblée nationale, Braun-Pivet continue de faire entendre sa voix dans un milieu où les femmes sont encore sous-représentées. Elle a récemment célébré son quatrième anniversaire à ce poste, exprimant sa volonté de ne pas être une exception dans un monde politique qui doit évoluer.

En somme, cet échange avec Emmanuel Macron a non seulement révélé des tensions au sein du gouvernement, mais a également mis en lumière les défis que rencontrent les femmes en politique. Yaël Braun-Pivet, par son parcours et son audace, incarne une génération de femmes déterminées à changer les normes et à renforcer la démocratie française.