Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict ce vendredi 15 mai, déboutant l’écrivain Yann Moix dans sa plainte contre la société de production Hikari, suite à la diffusion d’un reportage controversé sur France Télévisions. Ce dernier, diffusé dans le cadre de l’émission Complément d’enquête, mettait en lumière des propos jugés choquants de l’acteur Gérard Depardieu à l’égard d’une jeune fille.
EN BREF
- Le tribunal a débouté Yann Moix de sa plainte pour abus de confiance.
- Moix accusait Hikari d’avoir utilisé des images qu’il considérait comme siennes.
- La justice a souligné la mauvaise foi de l’écrivain dans son jugement.
Initialement, Yann Moix avait engagé des poursuites pour « abus de confiance » et « travail dissimulé », à la suite de la diffusion du reportage La Chute de l’ogre. Dans ce document, Gérard Depardieu se retrouvait au cœur d’une controverse pour avoir tenu des propos dégradants envers les femmes, notamment lors d’une séquence filmée en Corée du Nord. Moix, qui était présent lors du tournage, maintenait que son projet s’inscrivait dans le cadre d’une œuvre de fiction et que des images utilisées par Hikari lui appartenaient.
Le tribunal a cependant estimé que Moix faisait preuve de mauvaise foi et qu’il n’était pas propriétaire des images tournées par Hikari. Ce jugement a été renforcé par la déclaration d’Anthony Dufour, producteur de l’émission, qui a affirmé que deux expertises judiciaires confirmaient que Depardieu avait bel et bien sexualisé une enfant dans le reportage. Dufour a ajouté : « C’est une façon polie de dire que Yann Moix a menti depuis le début. »
Tristan Waleckx, le journaliste qui présente Complément d’enquête, a réagi sur son compte X, annonçant le débouté de Moix et soulignant la décision du tribunal qui a mis en lumière sa mauvaise foi.
Avant que Gérard Depardieu ne se désiste de ses poursuites, son avocat, Me Jérémie Assous, avait dénoncé un montage jugé déloyal. Il soutenait que les commentaires de Depardieu, jugés inappropriés, concernaient en réalité une femme adulte non visible à l’écran et que ces propos s’inscrivaient dans un projet artistique de Moix. Malgré cela, le tribunal a constaté qu’il n’existait pas de relation de travail entre Moix et Hikari.
Me Assous, qui continue de représenter Yann Moix, a annoncé son intention de faire appel de cette décision, afin que la cour d’appel puisse examiner des éléments qui n’avaient pas été présentés au tribunal de première instance. Au total, Moix réclamait plus de deux millions d’euros en dommages et intérêts.
En parallèle, la société de production Hikari, ainsi que son propriétaire et France Télévisions, ont également été déboutés de leur demande de dommages et intérêts. Le tribunal a en effet jugé que Yann Moix n’avait pas agi avec l’intention de nuire dans cette affaire.
Le reportage La Chute de l’ogre, qui a suscité un vif débat public, ne se limitait pas aux propos de Depardieu. Il incluait également les accusations de viol portées par la comédienne Charlotte Arnould en 2018, ainsi que d’autres témoignages d’agressions sexuelles. Ce contexte a amplifié l’impact du reportage et a révélé des questions plus larges sur les comportements dans l’industrie cinématographique.
La décision du tribunal marque une étape significative dans cette affaire, mettant en lumière les enjeux juridiques et éthiques entourant la production de contenus médiatiques sensibles.