Zoé, enceinte et obèse, lutte pour accoucher dans l’hôpital de sa ville

Pour Zoé, jeune femme de 25 ans, enceinte de sept mois, l’accouchement dans l’hôpital de sa ville n’était pas une évidence. Son parcours a été semé d’embûches, marqué par des réflexions sur son poids qui ont engendré un stress considérable tout au long de sa grossesse.

EN BREF

  • Zoé, obèse, a rencontré des obstacles pour accoucher près de chez elle.
  • Les maternités refusent souvent les femmes avec un IMC élevé, invoquant des questions de sécurité.
  • Une gynécologue bienveillante a soutenu Zoé tout au long de sa grossesse.

Ce phénomène de grossophobie dans le milieu médical est de plus en plus dénoncé. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses femmes partagent leur expérience, soulignant des remarques déplacées et des traitements inadaptés. « Les médecins grossophobes, on en parle ? », s’interroge une internaute sur TikTok, tandis qu’une autre évoque la routine de pesée systématique lors de chaque visite médicale.

Pour Zoé, le rêve d’accoucher à l’hôpital où elle est née a rapidement tourné au cauchemar. Lors de son premier rendez-vous avec la sage-femme, elle apprend que la maternité de sa ville ne prend généralement pas en charge les accouchements des femmes dont l’IMC est supérieur à 40 ou 45. Une nouvelle qui l’a profondément déstabilisée.

« Je dois vous le dire, il y a de grandes chances que vous ne puissiez pas accoucher dans cette ville », lui a annoncé la sage-femme. Cela signifie qu’elle devra se rendre dans un hôpital plus éloigné, à 45 minutes de chez elle, un détail qu’elle n’avait pas anticipé avant sa grossesse.

Le professeur Rozenberg, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, confirme que l’obésité est un facteur de risque majeur pendant la grossesse. Il rappelle que cela peut entraîner des complications telles que l’hypertension, l’accouchement prématuré, ou encore des hémorragies. Pour les femmes présentant des facteurs de risque, il est recommandé de consulter un professionnel de santé avant la conception afin d’optimiser les chances d’une grossesse réussie.

Les maternités qui excluent des femmes en raison de leur IMC le font pour des raisons de sécurité. « Vous avez des maternités où les tables ne sont pas adaptées, et il n’y a pas de matériel médical adéquat », explique-t-il. En cas d’urgence, cela pourrait mettre en danger la patiente et l’enfant. Malgré tout, le professeur admet que certains praticiens affichent des comportements inacceptables. « Des gestes maladroits peuvent blesser les patientes », souligne-t-il.

En mars 2026, lorsque Zoé et son compagnon apprennent qu’ils vont devenir parents, elle imagine accoucher près de chez elle. Malheureusement, la réalité la rattrape rapidement. Lors de sa première consultation, son poids de 124 kg et son IMC de 46 la condamnent à chercher un autre établissement. Cette situation a suscité chez elle un sentiment de perte, d’autant plus qu’il s’agit de l’hôpital où elle est née.

Malgré la déception, elle est soutenue par une gynécologue attentivement à son écoute. Cette professionnelle surveille son poids sans en faire le centre des consultations, ce qui apporte du réconfort à Zoé. Alors qu’elle perd du poids de manière involontaire durant ses premiers mois de grossesse, elle espère se voir accorder une exception pour accoucher dans sa maternité d’origine.

Elle se rend alors à un rendez-vous avec un anesthésiste, mais la consultation débute sur une note déconcertante : « Normalement vous êtes trop grosse », lui lance-t-il directement. Ce manque de tact l’a profondément blessée, et elle déplore le peu d’écoute dont elle a fait l’objet.

Le mois suivant, lors d’une rencontre avec sa gynécologue, elle découvre que l’anesthésiste a noté dans son dossier qu’elle avait perdu du poids volontairement. Une information erronée, puisque cette perte de poids était due à des nausées sévères et non à un choix délibéré.

Au début de septembre 2026, alors qu’elle est à sept mois de grossesse, Zoé attend toujours une réponse définitive concernant le lieu de son accouchement. Son dossier est finalement accepté, mais sous certaines conditions strictes, dont la nécessité de ne pas prendre plus d’un kilo par mois jusqu’à son terme. Cette pression sur son poids lui pèse, mais elle se réjouit de pouvoir accoucher dans l’hôpital de sa ville.

Zoé exprime ses réflexions sur les comportements grossophobes qu’elle subit : « C’est hyper blessant, mais on banalise au bout d’un moment. Je ne vais pas m’empêcher de vivre à cause de ce genre de personnes. » Elle reconnaît que tous les professionnels de santé ne partagent pas cette mentalité, et elle encourage les autres femmes à rechercher des praticiens bienveillants.