Plus de 200 militants de la « flottille pour Gaza » ont été appréhendés par l’armée israélienne au large de la Grèce, selon des informations fournies par les organisateurs français lors d’une visioconférence de presse tenue jeudi. Cette opération, qui a suscité de vives réactions, met en lumière les tensions persistantes autour du blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza.
EN BREF
- 211 militants pro-palestiniens arrêtés par l’armée israélienne en mer Méditerranée.
- Des bateaux entourés par des navires militaires israéliens, violation du droit international.
- Réactions politiques en France, appel à la libération des militants.
Les organisateurs de cette flottille, qui vise à briser le blocus de Gaza, ont indiqué que les militants, au nombre de 211, venaient de plus de 20 bateaux. Le ministère israélien a diffusé une vidéo montrant des militants à bord de navires israéliens, affirmant qu’ils faisaient route pacifiquement vers Israël. Les circonstances de cette opération restent controversées, les organisateurs dénonçant l’assaut comme une violation flagrante des droits internationaux.
Au moment de la publication de ce communiqué, au moins 22 des 58 bateaux de la flottille avaient été pris d’assaut par les forces israéliennes, une situation qualifiée de « totale violation du droit international » par l’organisation Global Sumud, qui a initié la flottille. Les témoignages rapportent que les bateaux ont été encerclés par des navires israéliens au large de la Crète. Les organisateurs ont précisé que le contact avec 11 des navires de la flottille a été perdu, et que des forces militaires ont pointé des armes sur les participants, leur ordonnant de se rassembler à l’avant des bateaux.
Cette flottille, composée de plus de 50 bateaux, a quitté des ports européens tels que Marseille, Barcelone et Syracuse. Parmi les personnes arrêtées, 11 Français figurent sur la liste, selon Hélène Coron, représentante de Global Sumud France. La conseillère communiste de Paris, Raphaëlle Primet, était parmi les militants interpellés, ce qui a suscité une réaction immédiate de la part du maire du XIe arrondissement de Paris, David Belliard, qui a exprimé son soutien et demandé la libération de sa collègue.
Fabien Roussel, le chef des communistes français, a également réagi, appelant à la libération immédiate des militants, affirmant que « leurs équipages ont été kidnappés ». Il a demandé au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, d’intervenir sans délai pour obtenir leur libération.
Ce type d’opérations n’est pas sans précédent. Deux précédentes flottilles de militants avaient été interceptées par la marine israélienne en 2025, provoquant des condamnations internationales. Les membres d’équipage avaient été arrêtés et expulsés, ce qui a alimenté les critiques concernant les actions militaires israéliennes en mer Méditerranée.
Depuis le cessez-le-feu précaire instauré en octobre, l’armée israélienne contrôle une large portion du territoire palestinien côtier, rendant l’accès à l’aide humanitaire particulièrement difficile. Les conséquences de la violence qui a éclaté le 7 octobre dernier sont encore visibles, avec un bilan tragique de 1.221 morts du côté israélien et plus de 72.500 Palestiniens tués dans la bande de Gaza.
Les événements récents autour de cette flottille soulignent la complexité et la gravité du conflit israélo-palestinien, un sujet qui continue de diviser et de mobiliser l’opinion publique tant en France qu’à l’international.