31 blessés et 440 interpellations lors de la mobilisation lycéenne

Ce mardi, le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a exprimé son indignation face aux violences qui ont éclaté lors de la mobilisation des lycéens. Ce mouvement, qui vise à dénoncer le manque de moyens et les difficultés d’apprentissage, a engendré des incidents dans plusieurs régions de France. « Les violences sont inqualifiables », a-t-il déclaré sur X, en fin de journée, alors que le bilan fait état de nombreux blessés et d’interpellations massives.

EN BREF

  • 31 blessés, dont 10 personnels de l’Éducation nationale, lors des manifestations.
  • 440 interpellations, principalement de mineurs, signalées par le ministre de l’Intérieur.
  • L’Union syndicale lycéenne appelle à la reconduction des mouvements de protestation.

Selon Edouard Geffray, parmi les blessés figurent « un professeur frappé dans le Nord » et « un proviseur blessé par un tir de mortier dans les Hauts-de-Seine ». En tout, 338 établissements ont été affectés par des perturbations, dont 45 étaient bloqués et 46 ont subi des tentatives de blocage. Au total, 416 établissements ont été touchés depuis le matin, ce qui souligne l’ampleur du mouvement.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a quant à lui précisé qu’il y avait eu 440 interpellations, dont la majorité concernait des mineurs. Ces chiffres illustrent la gravité de la situation, qui a vu des affrontements se multiplier dans de nombreuses villes.

Edouard Geffray a réaffirmé l’importance de la liberté de manifester, tout en insistant sur la nécessité de faire la distinction entre mobilisation pacifique et violences. « Le droit de manifester est une liberté fondamentale, qui ne saurait servir de caution à de tels actes », a-t-il écrit, ajoutant que « légitimer ou appeler à étendre les blocages, c’est mettre en danger nos élèves ainsi que les agents publics. C’est irresponsable. »

En dépit des violences, l’Union syndicale lycéenne (USL), qui représente les principaux mouvements lycéens, a appelé à « une reconduction des mouvements » pour jeudi. Les revendications portent sur le remplacement des professeurs absents, l’augmentation des moyens pour les établissements et des conditions d’apprentissage jugées décentes. L’USL affirme que 400 établissements sont actuellement bloqués sur un total d’environ 3 700 lycées en France.

Les incidents ont été particulièrement marqués dans certaines régions. Dans le Rhône, 41 personnes ont été interpellées, tandis que dans les Alpes-Maritimes, 18 lycées ont été touchés par des blocages, avec une cinquantaine d’interpellations ayant mené à 34 gardes à vue. Les blessures ont été déclarées légères, touchant aussi bien des lycéens que des policiers.

En Île-de-France, la situation n’est guère plus calme. La région a recensé 75 établissements perturbés, dont 20 ont été le théâtre d’affrontements, de violences ou de dégradations, entraînant 20 blessés au total.

Cette mobilisation des lycéens est également le reflet d’un affrontement politique. Des membres de La France Insoumise (LFI) se sont rendus sur place pour soutenir les élèves, tandis que le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a dénoncé ce qu’il qualifie de « surenchère irresponsable » de certains élus. En réponse, Jean-Luc Mélenchon a appelé les « parents » et les « militants insoumis » à se mobiliser.

La situation reste donc tendue, avec des manifestations qui continuent de se structurer autour de revendications légitimes, mais qui se heurtent à des actes de violence inacceptables.