Un rapport publié ce jeudi par une commission sénatoriale jette un éclairage accablant sur le système périscolaire à Paris, révélant des dysfonctionnements « systémiques » qui ne se limitent pas à la capitale, mais qui s’étendent à l’échelle nationale. Agnès Evren, rapporteure du texte, a exprimé son indignation, affirmant que « la France ne protège pas assez ses enfants ».
EN BREF
- Un rapport sénatorial dénonce des dysfonctionnements dans le périscolaire à Paris.
- 235 enquêtes pénales pour violences ont été ouvertes dans la capitale.
- Des mesures pour renforcer la protection des enfants sont proposées.
Le rapport, adopté à l’unanimité par le Sénat, se concentre sur la situation alarmante à Paris, où 235 enquêtes pénales ont été ouvertes pour des violences psychologiques, physiques et sexuelles. Agnès Evren, élue des Républicains, souligne que ces défaillances ne sont pas isolées et que des signalements ont également été recensés dans 73 départements à travers la France.
Au cours de son enquête de quatre mois, la mission sénatoriale a mis en avant ce qu’elle qualifie de « péché originel » : la réforme des rythmes scolaires de 2013. Cette réforme a réduit la durée de la journée scolaire tout en allongeant les périodes de périscolaire. Actuellement, neuf enfants sur dix utilisent un service périscolaire au moins une fois par jour, et l’offre a triplé entre 2013 et 2016, passant de 840 000 à 2,6 millions de places.
Les failles identifiées dans le système incluent des problèmes majeurs tels que le recrutement des animateurs, le manque de formation adéquate, l’absence de contrôle sur le passé judiciaire des encadrants, ainsi qu’une « dilution des responsabilités » entre l’école, le périscolaire et la justice. Le collectif SOS Périscolaire a salué la vision globale de la commission, qui relie les défaillances judiciaires, administratives et organisationnelles.
Agnès Evren a exprimé ses préoccupations, indiquant que « notre système est bien trop réactif, il n’est pas préventif ». Elle a ensuite présenté les principales recommandations de la mission. Parmi celles-ci, la nécessité de renforcer les exigences de formation pour les animateurs, ainsi que l’instauration de contrôles d’honorabilité et d’inspections régulières.
La rapporteure a également proposé de créer une sanction pénale pour les cas de non-signalement d’incidents graves au préfet, visant à « briser la loi du silence » et à instaurer une culture de transparence. Une autre mesure significative concerne la protection des lanceurs d’alerte, qui hésitent à signaler des abus par crainte de représailles.
Ces recommandations sont accueillies comme un signe de prise de conscience croissante, selon l’association MeToo École. Agnès Evren a conclu que la France se trouve à un tournant décisif et qu’il est impératif que les institutions s’adaptent aux besoins des enfants, plutôt que l’inverse.
Ce rapport met en lumière des enjeux cruciaux pour l’avenir du périscolaire et la sécurité des enfants en France. La mise en œuvre des recommandations pourrait marquer le début d’un changement nécessaire dans la manière dont le système périscolaire est géré et supervisé.