Des adolescents confrontés à la réalité carcérale grâce à une cellule mobile

Dans un cadre peu habituel, un groupe d’adolescents a eu l’occasion de découvrir les dures réalités de la vie en prison. Ce mercredi, à Villeurbanne, près de Lyon, Yannick Deslandes, ancien détenu, a présenté une cellule mobile reconstituée, permettant aux jeunes de 11 à 14 ans de prendre conscience des conditions de détention. Installée dans une remorque par son association, Mur’mures, cette cellule offre un aperçu saisissant de l’univers carcéral, loin des clichés souvent véhiculés.

EN BREF

  • Une cellule mobile a été installée à Villeurbanne pour sensibiliser les adolescents.
  • Yannick Deslandes, ancien détenu, partage son expérience pour éduquer les jeunes.
  • Les réactions des participants soulignent la réalité difficile de la vie carcérale.

Avant d’entrer dans cette cellule de 8 m², les adolescents ont été avertis par Yannick Deslandes : « Nous allons vous montrer ce que c’est la punition lorsque vous faites des bêtises. » À l’intérieur, l’ambiance est lugubre. Les murs sont ornés d’inscriptions et le bruit incessant de la prison est omniprésent. Samy, un jeune de 11 ans, exprime rapidement son dégoût et son incompréhension face à l’idée de devoir vivre dans de telles conditions. « Je ne pourrais pas », dit-il, avant de questionner sur le bruit constant des détenus.

Yannick Deslandes, fort de son expérience de vingt-deux ans derrière les barreaux, partage son histoire avec les jeunes. « Quand j’étais plus jeune, je pensais que je pouvais gagner de l’argent en vendant de la drogue. Mais en fin de compte, j’ai juste perdu des années précieuses de ma vie », confie-t-il, captant ainsi l’attention des adolescents. Ses mots résonnent avec une vérité brutale, et les jeunes, bien que sceptiques au départ, commencent à comprendre la gravité de ses propos.

Après quelques minutes passées dans la cellule, les adolescents commencent à se questionner sur la réalité de la prison. Rayane, 14 ans, admet : « Je ne m’imaginais pas que c’était comme ça. » Pour lui, cette expérience l’incite à réfléchir aux conséquences de ses actes. Fatima, 13 ans, qui n’avait vu la prison que dans des dessins animés, exprime sa peur face à cette réalité. Les témoignages révèlent une prise de conscience collective parmi les jeunes, tandis que Mohamed, 14 ans, déclare : « J’étais super mal à l’aise à l’intérieur. Je n’ai pas envie de finir là. »

La cellule mobile a attiré environ une centaine de jeunes cet après-midi-là. Leurs réactions, allant de la peur à l’inquiétude, montrent l’impact de cette initiative. Malika, 72 ans, qui passait par là par hasard, témoigne également de son ressenti : « C’est impressionnant là-dedans. Ça ne donne pas envie ! »

Yannick Deslandes poursuit sa mission à travers la France avec Mur’mures, visitant des centres sociaux et des établissements de protection judiciaire de la jeunesse. Il souligne l’importance d’aborder le sujet de la prison avec les jeunes, notamment ceux qui tombent rapidement dans le trafic de drogue. « Il est essentiel de déconstruire les clichés sur la prison, souvent perçue comme un lieu de répit. Ma propre expérience m’a appris que la réalité est tout autre », insiste-t-il.

Son approche se base sur des témoignages authentiques et des ateliers pratiques, visant à faire réfléchir les jeunes sur leurs choix et la responsabilité individuelle. En plus de sa présence dans les quartiers populaires, il se rend également dans des universités et des entreprises pour discuter de la réinsertion. « Si j’avais eu la chance de rencontrer quelqu’un comme moi quand j’étais jeune, cela aurait pu changer ma trajectoire », conclut-il.

Avant de quitter la cellule, Yannick Deslandes rappelle aux jeunes qu’il interviendra peut-être un jour dans leur vie. « Si je vous vois en prison, je ne serai pas aussi sympathique qu’aujourd’hui. Je crois en vous et en vos capacités. Montrez à tous combien vous êtes intelligents et battez-vous pour votre avenir », leur dit-il, marque de son engagement à faire une différence.