Les étudiants d’HEC s’unissent aux lycéens pour dénoncer les inégalités scolaires

Mercredi matin, une trentaine d’élèves d’HEC se sont mobilisés devant leur établissement à Jouy-en-Josas, dans les Yvelines. Déguisés avec des masques et des foulards, ces étudiants ont manifesté leur soutien au mouvement lycéen, une initiative inédite pour cette école de commerce, habituellement perçue comme un bastion des classes privilégiées.

EN BREF

  • Une trentaine d’étudiants d’HEC ont manifesté en soutien aux lycéens.
  • Des slogans dénonçant les inégalités ont été affichés sur des pancartes.
  • La mobilisation, bien que symbolique, a mis en lumière des préoccupations partagées.

Les manifestants ont brandi des pancartes aux slogans évocateurs tels que « Privilégiés mais pas aveugles » et « Nos valeurs ne sont pas cotées en Bourse ». Selon Arthur, un étudiant présent, « entre 80 et 90 personnes se sont relayées jusqu’à midi », bien que le nombre de participants ait fluctué tout au long de la matinée. Cette mobilisation constitue une première dans l’histoire d’HEC, qui se distingue par ses frais de scolarité d’environ 25.000 euros par an.

La décision de se joindre au mouvement lycéen a été motivée par le désir de s’opposer aux inégalités scolaires et de soutenir les revendications des jeunes. Arthur a expliqué que la décision de participer à cette action collective est survenue après avoir observé des mobilisations similaires dans d’autres établissements prestigieux tels que CentralSupélec et l’École normale supérieure. « Nous avons voulu montrer que la contestation touche toutes les strates de la jeunesse, même celles qui semblent éloignées des préoccupations de la majorité », a-t-il ajouté.

Pour organiser le blocus, un groupe WhatsApp a été créé. L’objectif principal était de soutenir les lycéens et d’exprimer le sentiment d’incertitude qui règne actuellement dans le milieu éducatif. Les étudiants d’HEC ont souligné leur propre expérience face à la « mainmise d’un entre-soi du système éducatif privé », une réalité qu’ils perçoivent comme problématique.

Bien que la sécurité autour du campus ait été renforcée, avec des gendarmes faisant des rondes, l’événement s’est globalement déroulé dans le calme. Les médias étaient présents pour couvrir la mobilisation, mais un incident a éclaté lorsqu’un journaliste de CNews a été interpellé par deux étudiants. L’un d’eux a arraché la bonnette de son micro, tandis que l’autre a tenté de masquer l’objectif de la caméra, en l’accusant d’être un représentant de l’extrême droite.

Les étudiants ont aussi utilisé cette plateforme pour exprimer leur opposition à la montée du Rassemblement national dans le paysage politique. « Nous voulons faire savoir que ceux qui sont liés à la réalité économique future ne soutiennent pas ces idées », a déclaré Arthur. Malgré l’intensité initiale de la mobilisation, celle-ci a rapidement perdu de son élan, laissant les participants réfléchir aux solutions possibles à cette crise éducative.

Alors que les étudiants d’HEC sont en pleine période de partiels, ni l’administration ni les professeurs n’ont communiqué avec eux concernant le blocus. Ce silence soulève des interrogations sur la manière dont les institutions éducatives répondent aux préoccupations des jeunes et aux défis qui les attendent.