La ménopause est une étape naturelle de la vie d’une femme, mais elle est souvent mal comprise et mal vécue. En France, environ 17,2 millions de femmes traversent cette phase, qui peut engendrer des répercussions physiques et psychologiques significatives. Une étude récente, menée par le docteur Alexandre Vallet à l’hôpital Foch à Suresnes, met en lumière des troubles souvent négligés, notamment ceux liés au sommeil.
EN BREF
- Les troubles du sommeil touchent plus d’une femme sur quatre en périménopause.
- Le sentiment de solitude et l’obésité aggravent les symptômes de la ménopause.
- Une approche personnalisée est nécessaire pour la prise en charge de cette phase de vie.
La ménopause, qui survient généralement entre 45 et 55 ans, est précédée par une phase appelée périménopause, durant laquelle les femmes peuvent éprouver des cycles menstruels irréguliers et divers troubles fonctionnels. Ces troubles, souvent appelés troubles climatériques, résultent d’une carence hormonale en œstrogènes et en progestérone, comme l’indique le ministère de la Santé.
Bien que les bouffées de chaleur soient souvent citées comme le symptôme le plus représentatif de la ménopause, l’étude CLIMATERE révèle que ce sont les troubles du sommeil qui ont le plus d’impact sur la qualité de vie des femmes concernées. En effet, plus de 25 % des participantes déclarent souffrir de problèmes de sommeil. En périménopause, ce risque double par rapport aux femmes non ménopausées.
Fait surprenant, même en excluant les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes de l’équation, les femmes en périménopause continuent de faire état d’une probabilité accrue de troubles du sommeil de 52 %. Cela souligne l’importance de ne pas attribuer l’ensemble des difficultés rencontrées à des symptômes vasomoteurs isolés.
Impact des facteurs psychologiques et physiques
L’étude met également en exergue que la qualité de vie des femmes en périménopause est souvent altérée par des facteurs psychosociaux. Ainsi, le sentiment de solitude est associé à 68 % de symptômes sévères supplémentaires. D’autre part, l’obésité apparaît comme un facteur aggravant, augmentant les symptômes de 55 %. À l’inverse, l’activité physique régulière peut réduire ces symptômes de 25 %.
Le Dr Alexandre Vallet, responsable du service d’épidémiologie et de santé publique de l’Hôpital Foch, a déclaré lors des Assises de la ménopause que la présence d’au moins trois facteurs de risque défavorables multiplie par 93 % les chances de développer des symptômes sévères. Cette observation souligne l’importance d’une prise en charge personnalisée de la ménopause, tenant compte des trajectoires de vie variées des femmes.
La perception de la prise de poids
Un autre aspect souvent mal compris est la prise de poids associée à la ménopause. Contrairement à une idée reçue, la ménopause n’entraîne pas nécessairement une augmentation de l’indice de masse corporelle, mais elle peut être liée à une modification de la répartition des graisses, notamment au niveau abdominal. Près d’une femme sur deux rapporte une prise de poids plus fréquente durant cette période, avec des difficultés à perdre du poids signalées à hauteur de 39 % en périménopause et 41 % après la ménopause.
Marie-Laure André, diététicienne, a expliqué que la chute des œstrogènes modifie la répartition des graisses, favorisant le stockage abdominal. Ce phénomène crée un cercle vicieux, car une accumulation de graisse abdominale peut engendrer une insulinorésistance, entraînant davantage de stockage.
En somme, la ménopause mérite une attention particulière et une éducation adéquate afin que les femmes puissent aborder cette transition de manière éclairée et sereine. Les résultats de l’étude CLIMATERE soulignent la nécessité d’une approche holistique pour gérer les multiples aspects de cette phase de vie, tant sur le plan physique que psychologique.