Rasonque : un médicament prometteur contre le cancer du pancréas bientôt disponible en France

La lutte contre le cancer du pancréas pourrait connaître un tournant significatif avec l’éventuelle commercialisation du Rasonque, un traitement développé par la biotech américaine Revolution Medicines. Ce jeudi 15 octobre 2026, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a rendu un avis favorable pour son utilisation en Europe, ouvrant la voie à une mise sur le marché imminente.

EN BREF

  • Rasonque pourrait doubler la durée de survie des patients atteints de cancer du pancréas.
  • Il cible les mutations des protéines RAS, souvent impliquées dans des cancers agressifs.
  • La Commission européenne va accélérer la procédure d’autorisation pour la commercialisation.

Lors d’essais cliniques, Rasonque a montré une efficacité remarquable en doublant la survie médiane des patients souffrant d’adénocarcinome pancréatique métastatique, une forme avancée de ce cancer. Les résultats de ces essais, publiés le 12 avril dernier, ont suscité un grand intérêt, soulignant la nécessité de nouvelles options thérapeutiques pour cette maladie, souvent fatale.

En 2023, la France a enregistré près de 16 000 nouveaux cas de cancer du pancréas. Ce chiffre alarmant, en constante augmentation, concerne majoritairement des patients de plus de 50 ans. Les facteurs de risque incluent la consommation de tabac, l’obésité, le diabète et certaines formes de pancréatite chronique. Actuellement, les traitements disponibles se limitent principalement à la chirurgie et à la chimiothérapie conventionnelle, qui s’avèrent souvent insuffisants.

Un traitement ciblé innovant

Le Rasonque, dont le principe actif est le daraxonrasib, agit comme un inhibiteur de RAS. Ce traitement ciblé bloque l’activité des protéines RAS, qui sont fréquemment mutées dans les cancers agressifs. Dans le cas de l’adénocarcinome pancréatique, ces mutations entraînent une activation permanente des protéines RAS, conduisant à une prolifération cellulaire incontrôlée.

Le mécanisme d’action du daraxonrasib repose sur sa capacité à se lier à une protéine appelée cyclophiline A, formant un complexe qui inhibe l’activité des protéines RAS. Cette action favorise la mort des cellules cancéreuses et ralentit la progression de la tumeur, offrant une lueur d’espoir aux patients dont le pronostic est généralement défavorable.

Résultats des études cliniques

Dans le cadre d’une étude internationale impliquant 500 patients, ceux traités avec Rasonque ont présenté une survie médiane de 12,4 mois, comparativement à 6,7 mois pour ceux ayant reçu une chimiothérapie classique. De plus, la durée médiane de survie sans aggravation de la maladie était de 7,2 mois avec Rasonque, contre 3,6 mois avec la chimiothérapie.

Bien que prometteur, Rasonque n’est pas exempt d’effets indésirables. Parmi les plus fréquents, on note la diarrhée, les éruptions cutanées, la stomatite, ainsi que des nausées et vomissements. Ces effets doivent être pris en compte lors de l’évaluation du traitement par les médecins.

Perspectives d’avenir

L’avis favorable de l’EMA sera transmis à la Commission européenne, qui doit maintenant accélérer le processus d’autorisation de mise sur le marché au sein de l’Union européenne. Une fois cette autorisation obtenue, chaque État membre sera chargé de définir le prix et le remboursement du Rasonque, en tenant compte de son rôle dans le système de santé national.

Ce développement ouvre la voie à l’espoir pour des milliers de patients et leurs familles. Le Rasonque pourrait représenter une avancée significative dans le traitement du cancer du pancréas, une maladie longtemps négligée par la recherche. En attendant son approbation définitive, il reste crucial de suivre de près l’évolution de ce dossier, essentiel pour l’avenir des traitements contre cette maladie redoutable.