Alors que les vacances de la Toussaint approchent, des enseignants s’inquiètent de l’avenir scolaire de leurs élèves. Le dernier jour de cours avant les congés pourrait également marquer une rupture avec une partie d’entre eux, en raison des conséquences des blocages en cours. Le ministre de l’Éducation, Edouard Geffray, a exprimé ce jeudi sa crainte que ces mouvements engendrent « des milliers de décrocheurs », notamment parmi les élèves des lycées professionnels, souvent déjà en situation de vulnérabilité.
EN BREF
- 30% d’absentéisme constaté dans certains lycées professionnels.
- Les élèves en difficulté sont les plus exposés au décrochage.
- Les syndicats lycéens poursuivent la mobilisation malgré des échanges infructueux avec le ministre.
Dans le lycée professionnel Vauquelin à Paris, la situation est particulièrement alarmante. La proviseure, Carole Zerbib, a signalé que de nombreux cours ont été annulés à cause des perturbations causées par des incidents tels que des tirs de mortier et des départs de feu. Quand les élèves ont pu être accueillis, les classes étaient loin d’être complètes. « Nous avons environ 30% des élèves qui ne viennent plus. J’ai alerté les familles sur ce problème », a-t-elle déclaré sur RMC.
La proviseure a souligné que ces absences touchent des élèves déjà en difficulté, tant sur le plan scolaire que comportemental. « Ces jeunes sont très fragiles, et nous pouvons craindre de les perdre définitivement », a-t-elle ajouté. Cette situation préoccupe également de nombreux enseignants. Arthur, un professeur dans l’académie de Montpellier, a rapporté que sur 35 élèves par classe, entre 10 et 15 ne reviennent pas. « Ils ne répondent plus sur Pronote et ne lisent même plus les documents que nous leur envoyons », a-t-il expliqué.
Le risque est que ces élèves, après un mois et demi sans travail scolaire, se sentent démotivés à la rentrée, face à un retard qu’ils pourraient avoir du mal à rattraper. Ce constat est partagé par de nombreux professionnels de l’éducation, qui craignent un véritable effet domino sur le parcours scolaire de ces jeunes.
Sur le front des mobilisations lycéennes, la situation reste tendue. Les syndicats, après une réunion décevante avec le ministre de l’Éducation, ont exprimé leur mécontentement. L’Union des syndicats lycéens (USL) a quitté la visioconférence après une heure, déclarant que « cela ne sert à rien » de continuer à dialoguer sans résultats concrets. Le syndicat a annoncé vouloir poursuivre la mobilisation pendant les vacances et à la rentrée, en appelant les lycéens et étudiants à se joindre à d’autres mouvements de mécontentement, notamment ceux des agriculteurs et des anciens gilets jaunes.
La situation actuelle soulève des interrogations sur l’avenir éducatif de nombreux élèves. Alors que les vacances scolaires se profilent, les enseignants et les familles se demandent combien de ces jeunes retrouveront le chemin de l’école à la rentrée. Une question qui mérite toute notre attention.